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Tome quatorzième.
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PRESQUISLE EN DEçA DU GANGE, Lrv. III. -

qu'on cherchoit à ſauver de Madras, mais encore plus de s'aſſurer desdeſſeins de Ennemi,& de ſgavoir ſi leur Eſcadre règloit ſes mouvemensſur ceux de la ſienne. Mais au moment que M. Dupleix fut inſtruit de cedeſſein, il redemanda au Sr. de la Bourdonnais les Troupes qu'il lui avoitprêtées, ſous prétexte qu'il ne pouvoit dégarnir ſa Place, ſans la mettreen danger. Toutes les repréſentations du Sr. de la Bourdonnais étant in-fructueuſes, il ſe détermina à renvoyer ces Troupes, après que pour P'yforcer, on lui eut té toute communication avec ſes Vaiſſeaux.

L'EscapRE partit le mêéme jour, 27 Aout, ſous les ordres du Sr. de ¹³Porte-harré, que le Conſeil avoit jugé capable d'exécuter celui des deuxpartis que M. de la Bourdonnais choiſiroit, ſi ſa maladie l'empéchoit d'agirjui-même. Sa ſanté ſe rétabliſſfant de jour en jour, il ſe trouva preſqu'en-tiérement gueri, lorſque, le 5 Septembre, ſes Vaiſſeaux revinrent avec deuxpetites priſes, eſtimées environ deux cens mille livres. Le peu de ſuccèsde cette courſe,& la manière dont elle fut exécutée, firent bien voir qu'onne devoit ſe flatter d'aucune réuſſite, tant que les entrepriſes ne ſeroientpas conduites par le Sr. de la Bourdonnais en perſonne. Au-reſte il ſeconſola de la mauvaiſe manqœuvre de ſon Eſcadre, par les aſſurances qu'el-le lui donna, que celle des Ennemis n'avoit point paru. II jugea, dès cemoment, que les Anglois n'avoient pas juſques-là rêglé leur marche ſur laſienne;& cette découverte lui faiſant entrevoir quelque apparence deſuccéès, il ne penſa plus qu'à diſpoſer tout pour ſe Siége de Madras.Mais avant que de partir, il prit les précautions qu'il crut néceſſaires, pourprévenir tout ce qui pouvoit donner matiêère aux ſoupgons. Quoiqu'il eutnommé un Commiſſaire ſur ſon Eſcadre, il en demanda un ſecond à M. Du-pleix, qui lui donna le Sr. Deſpremeſnil ſon gendre. Non content de celà,je Sr. de la Bourdonnais ſouhaita de ſgavoir quelles conditions il pourroit im-poſer aux Anglois, s'ils vouloient, à prix d'argent, garantir Madras d'unbombardement& des événemens d'un Siége. II ne lui avoit pas cachéqu'il comptoit rangonner cette Ville. M. Dupleix lui donna là-deſſus uneNote, ſuivant laquelle il devoit tirer de Madras un million de pagodes pourla Compagnie,& trois cens trente-deux mille, cent vingt-cinq pagodes endedommagement des priſes faites par les Anglois ſur les Frangois. IIl eſtimportant de remarquer ici, qu'avant ſon départ pour Madras, le Sr. de laBourdonnais devoit, de Paveu de M. M. de Pondichery, ſe regarder com-me mattre de ſes opérations, avec tout pouvoir de rangonner& dq accor-der à'Ennemi telle Capitulation qu'il jugeroit à propos. Ce ne fut qu'aprèsrous ces éclairciſſemens qu'il partit de Pondichery, la nuit du 12 au 13Septembre, avec neuf Vaiſſeaux& deux Galiotes à bombes.

Drux de ſes Vaiſſeaux eurent ordre de prendre le large,& de pouſſerau-delà de Madras, pour couper le paſſage aux Bâtimens qui pourroientſe ſauver de la Rade, pendant que deux autres Vaiſſeaux avoient ordre dedonner droit dans la Rade; les autres ſuivoient avec toutes les Troupesdu débarquement. Le 14, ſe trouvant à quatre lieues de Madras, M. de laBourdonnais mit à terre cinq ou ſix cens hommes, avec deux petites piè-ces de campagne, dans la crainte que les Ennemis ne lui disputaſſent ladeſcente, qui eſt très-difficile,& qui d'ailleurs ne peut ſe faire que dans

XIV. Part. H des

DERNIEREÜSGuERRES DILINDE.SuUPPLEMENT.

1746.

Siège decette Ville.