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Tome quatorzième.
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DERNIERRESGurRRES DE1.INDE.SUPPLEMENT.1740.

58 DESCRIPTION DE LA

des Bäteaux du Pays, conduits par les Indiens, qui ſont les hommes les pluspoltrons du monde. Le lendemain, il fit route le long de la Còôte, à me-fure que ſes Troupes avangoient par terre. A midi elles étoient déja ſurle terrain ennemi,& les Vaiſſeaux à une grande portée de canon de laVille. M. de la Bourdonnais fit alors un ſecond débarquement,& deſcenditavec le reſte des Soldats deſtinés à faire le Siége. Le tout conſiſtoit enmille ou onze cens Européens, quatre cens Cipayes, Soldats du Pays,&trois ou quatre cens Caffres des Iles. II reſtoit à bord des Vaiſſeaux en-Viron dix-ſept à dix-huit cens hommes.

CouME les Troupes du premier débarquement ſe trouvoient extréme-ment fatiguees, M. de la Bourdonnais fit faire alte,& campa auprès d'unePagode, dans une place environnée de maiſons. Des qu'il eut donné ſesordres pour la ſeureté de ce Camp, il envoya un Capitaine d'-Artillerie& un Ingenieur, avec un Détachement de cent hommes, pour reconnoi-tre, pendant qu'il deſcendit fur le rivage, où il fit faire un petit Camppaliſſadé pour dépoſer toutes les munitions de guerre& de bouche donton auroit beſoin pour le Siége. Enfin ſur le rapport des deux Officiersqui avoient examiné les environs de la Place, il ſe tranſporta ſur une hau-teur avancée en Mer, qui lui parut d'autant plus propre à monter uneBatterie de mortiers, qu'elle pouvoit battre en même-tems Ja Ville,&proteger les Vaifſeaux de Eſcadre. Cette Batterie fut faite par le ſe-cours des Negres, ſoutenus de cent cinquante hommes.

LE ſoir, on vit arriver dans le Camp, un Anglois nommé Barnaval, gen-dre du Sr. Dupleix, qui venoit de la part du Gouverneur de Madras, prierM. de la Bourdonnais de laiſſer ſortir les femmes de la Ville. Cette per-miſſion lui fut accordée uniquement pour ſa femme& pour celle du Gou-verneur, qui ne jugéerent pas à propos d'en faire uſage ſeules.

LE 16, on s'approcha de la Ville,& le Camp fut transferé dans unVillage, qui en étoit éloigné d'une demie portée de canon. Toute lajournée fut employée à transporter l'Artillerie,& à former les Batteries.Le lendemain, les Soldats du Pays, à la ſolde des Anglois, firent quelquesdécharges de mousqueterie ſur le dernier Camp; mais ils furent ſi promp.tement repouſſés, qu'au-lieu de rentrer dans la Ville, ils senfuirent preſ-que tous dans les terres. Le même jour on s'empara d'un Fauxbourg,&de la Maiſon de Campagne du Gouverneur, à demie portée de carabine desmurs de la Ville,& l'on s'y fortifia. Le 18, la Ville fut battue de dou-ze mortiers du côté de la terre,& à''entrée de la nuit, les trois plus fortsVaiſſeaux de PEſcadre commenceèrent à la canoner.

DaANs la nuit, le Sr. de la Bourdonnais regut des Lettres qui le mirentdans la plus grande perplexiré. M. Dupleix lui mandoit, qu'il avoit parudes Vaiffeaux,& qu'il en avoit vüs lui-meéme. II étoit naturel de pen-ſer que c'toit Eſcadre Angloiſe qui venoit au ſecours de la Place. Leſeul parti qu'il y eut à prendre, étoit de pouſſer le Siege avec la derniérevigueur, parceque Madras pris, tous les dangers s'évanouiſſfoient. M. dela Bourdonnais ne ſfongea donc qu'à faire au plus vite toutes ſes diſpoſitionspour donner P'aſſaut.

Lz feu continua le 19, avec tant de vivacité, que les Anglois jugé-

rent