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Tome quatorzième.
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PRESOUISLE EN DEçA DU GANGE, Lrv. II. 9h

rent à propos d'entrer en compoſition;& ſur les huit heures du ſoir, le DerxmtarsSr. de la Bourdonnais regut une Lettre de la Dame Barnaval, fille de la uFDame Dupleix, qui lui demandoit, de la part du Gouverneur, gil vouloit gorrErwehzentendre à un accommodement. M. de la Bourdonnais menacé de l'arri- 1746.vée d'une Eſcadre, ſaiſit avec empreſſement Poccaſion qu'on lui préſen-

toit de mettre la ſienne en ſeureté. IIl répondit ſur le champ, que ſi on

vouloit lui envoyer des Députés le lendemain, ſa Lettre leur ſerviroit dePaſſeport,& que le feu ceſſeroit depuis ſix heures du matin juſqu'à huit,

pour leur donner le tems de venir le trouver.

Lz 20 au matin, les Srs. Monſon& Hally-Burton, Députés de Madrast, Negociaſfe rendirent dans ſon Camp. Lorſqu'il leur eut communiqué ſes pouvoirs, tions avec lesils voulurent lui perſuader, qu'étant ſur les terres du Mogol, leur Villedevoit être en ſeureté; mais il leur repréſenta qu’'il ne faiſoit que re-pouſſer leurs hoſtilités; qu' ils avoient pris un Vaiſſeau Frangois, dans uneRade neutre; brulé un autre Navire ſous la Fortereſſe de Tranquebar,&envoyé des Détachemens jufſqu'à vingt lieues dans les terres des Maures,pour pourſuivre des Priſonniers Frangois qui ſe ſauvoient. Les Députésne purent repliquer à des faits ſi précis,& ils ſe contentérent de rejettertout le tort ſur Ies Vaiſſeaux du Roi d'Angleterre, qui n'étoient point tenusà la neutralité conclue entre les deux Compagnies. M. de la Bourdonnaisleur répondit, qu'il s'étoit d'abord addreſſ à ces Vaiſſeaux; mais quepuisqu'ils avoient trouvé, à la faveur du vent, le moyen de lui échaper,Madras lui répondroit de tout. Les Députés comprirent à ce discours qu’'ilfalloit entrer en négociation d'une maniere plus ſérieuſe. Aprêès un mo-ment de réflexion, ils lui demandêèrent quelle contribution il vouloit exi-ger pour ſe retirer de devant la Ville. Sa réponſe fut,„ qu'il ne vendoit„ point Fhonneur; que le Pavillon de ſon Roi ſeroit arboré ſur Madras, ou„ qu'il mourroit au pied de ſes murs“.

CErrE propoſition parut d'abord revolter les Députés, qui lui repliquè-rent, que s'ils perdoient Feſpérance de racheter leur Ville, ils ſe défen-droient juſqu'à la dernière extrémité, plutôt que de ſe rendre honteuſe-ment à ſa diſcretion. Pour lors le Sr. de la Bourdonnais leur dit, que s'ilsrendoient la Ville& tout ce qui étoit dedans, il leur promettoit ſur ſonhonneur de la leur remettre moyennant une rangon raiſonnable. Les Dé-putés inſiſtérent pour que tous les articles du rachat fuſſent arrètés,&que le prix en fut fixé, avant que d'entrer dans la Ville. Lartifice étoitgroſſier. Un pareil Traité demandoit néceſſairement bien des conteſtations&R bien des conférences. L'Eſcadre Angloiſe pouvoit arriver& changerentiérement la face des affaires. D'un autre côté, le bruit ſe répandoitque les Aſſiégés ſollicitoient le Nabab d'Arcatte de venir à leur ſecours.Quinze ou vingt mille Maures pouvoient harceler cette poignée de Fran-gois qui étoient devant Madras,& les forcer peut-être à regagner leursVaiſſeaux, pour n'étre pas aſſaillis de tous côtés. Enfin tous les hazardsEtoient pour les Anglois& contre le Sr. de la Bourdonnais. Auſſi tint-ilferme à exiger qu'il falloit rendre la Ville, ou ſe réſoudre aux plus affreu-ſes extrémités. Les Députés voyant qu'il étoit inébranlable, retournèrent à

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