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Tome quatorzième.
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68
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DenNIknksGüUERRES DE;L'INPDE.SuPPLEMENT.

1746.

Orqdres vio-lens donnéspar M. Du-

Conduiteturbulentedes Députés.

68 DESCRIPTION DE L. A

rent au nom des deux Rois de la leur tenir. IIs dreſſèrent méême alorsune ſommation en forme, qu'ils n'auroient pas manqué de lui faire ſignifierſur le champ, s'il avoit paru inſiſter ſur ſa propoſition. M. de la Be surdon-nais ne pouvoit mieux marquer à M. M. de Pondichery l'envie qu'’il avoitde les ſfatisfaire,& ce trait ſeul devoit les convaincre que s'il ne laiſſoit pasMadras à leur diſcrétion, comme ils le déſtroient, c'étoit uniquement par-cequ'il n'étoit plus en ſon pouvoir d'anéantir des engagemens contractésde bonne-foi& à la face des Nations.

DANs ces entrefaites, M. Dupleix s'étoit fait préſenter une eſpèce deRequéête de la part de la Colonie de Pondichery, qui aprées beaucoup d'in-jures contre M. de la Bourdonnais,& de grands éloges de M. Dupleix,tragoit à ce dernier la conduite qu'il devoit tenir, conformément à ſes vüesparticulieres. En conſequence de cette Requsete, il fit dreſſer une nouvelleproteſtation contre le Traité, avec des Lettres d'établiſſement d'un Con-feil Provincial à Madras,& une Commiſſion de Commandant& Directeurdans cette Ville, pour le Sr. Deſprémeſnil. Il donna en même-tems ausr.de Bury, Major,& à ceux qui Jaccompagnoient, l'ordre précis„ de ſe-„ vir à toute rigueur contre tous ceux qui oſeroient ſoũtenir le Sr. de la„ Bourdonnais“,& pour engager les Troupes qui étoient à Madras, àappuyer de tout leur pouvoir Texécution de ces ordres, il écrivit aux prin-cipaux Offciers une Lettre circulaire, dans laquelle il excitoit chacun d'euxà la revolte, en les exhortant à donner les premiers Pexemple â tous les bonsFrangois.

CouuE cet étrange projet étoit vraiſemblablement concerté avec lesDéputés de Pondichery, qui ſe trouvoient déja à Madras, ils ſe retiré-rent à Saint-Thomé, pour y attendre le Sr. de Bury,& les autres Offi-ciers chargés de l'exécution des ordres de M. Dupleix. Apreés s'êtreconcertés ſur le plan de leur conduite, ils arrivérent enſemble à Ma-dras le 2 d'Octobre. La fagon dont ces Meſſieurs s'acquitérent de leurCommiſſion fut des plus turbulentes. Le Sr. de la Bourdonnais, voyantla fureur de ce petit nombre, que d'un mot il pouvoit faire arréter, leurdit d'un ton ironique:„ Vous venez donc exciter la guerre civile; Aver-„ tiſſez-nous, nous battrons la Généralev. Voulant enfuite leur parler plusſérieufement, il offrit de leur faire voir les Ordres du Roi& ceux du Mi-niſtre, dont il étoit porteur; mais ils refuſérent d'en prendre lecture,&Pun d'eux les traita même de chiffons de papier. Dans le moment quelques-uns des principaux Officiers des Iles, indignés de tant d'inſolence, nepurent s'empécher de dire à M. de la Bourdonnais, qu'il devroit arrêter ſurſe champ ces Députés. Cependant il ſe modéra aſſez pour ſe réduire à leur

repréſenter qu'ils deshonoroient la Nation par cet éclat ſcandaleux,&qu'au

prix de la rancon à onze cens mille pago-des, que ce prix leur avoit paru exceſſif,qu'ils avoient même déclaré plus d'upe foisque cette ſomme excedoit de beaucoup lavaleur de leur Ville,& qu'en conſequenceils avoient été ſur le point de l'abandonner,plutét que de ſouſcrire à des conditions ſi

exorbitantes, M. de la Bourdonnais s'étoitimaginé qu'ils pourroient conſentir à fa de-mande. On ſcait qu'en Angleterre les Di-recteurs ſembloient ſe féliciter que les Fran-gois euſſent rompu la Capitulation,& M. Du-pleix étoit ſouvent appellé le Libérateur dela Compagnie.