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Tome quatorzième.
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DESCRIPTION DES ISLES DE FRANCE&c. Luv. III.

PovuvR donner une idée de l'état ob M. de la Bourdonnais trouva cesIſes, il faut ſe rappeller que'Ile de Bourbon fut d'abord habitée(c) parquelques Frangois, ſauvéès du maſſacre de Madagaſcar(4),& par quelquesOuvriers de différens Vaiſſeaux, qui s'y établirent ſucceſſivement. LHlede France n'a commencé à recevoir des Habitans qu'en 1720. Elle enavoit même ſi peu, que juſqu'en 1730, la Compagnie des Indes a toü-jours été incertaine ſi elle devoit la garder ou! abandonner. Enfin ces deuxIſles ont été deſtinées, la première à la culture du Caffé,& la ſeconde àfervir de reläche aux Vaiſſeaux de la Nation, dans les Voyages des Indes& de la Chine. Le terrain de Ifle de Bourbon s'étant trouvé propre auxplantations du Caffé, leur ſuccès n'a pas manqué d'y attirer un grand nom-bre d'Habitans. L'Ifle de. France n'ayant pas le même avantage, il a fallutrouver des expédiens pour en former une Colonie,& pour la mettre enStat de fournir, aux Vaiſſeaux, des vivres& des rafraichiſſemens.

Or mimagina rien de plus efficace, que d'avancer des vivres, des uſten-ciles& des Noirs aux Habitans. La Compagnie fit ces avances, maiselle eſt fort eloignée d'en avoir tiré tout le fruit qu'elle s'étoit propofé. SesOfficiers apportéèrent ſi peu de diſcernement au choix de ceux qu'ils em-ployèrent, que la plüpart manquoient d'induſtrie& de talens. Auſſi, loinde trouver gans le travafl de ces Inſulaires les fecours qu'on en eſpéroit pourle rafraichiffement des Vaiſſeaux, la Compagnie s'eſt preſque toſjours vüedans la néceffité de les nourrir elle-mêeme, en leur envoyant à grands fraixdes vivres de France;& juſqu'à Parrivée du nouveau Gouverneur, cette Iflen'avoit été qu'’onereuſe à ſes Mattres. Lordre y manquoit dans toutes lesparties œconomiques. L'adminiſtration de la Juſtice, la Police, les affai-res du Commerce,& la partie de la Guerre& de la Marine, avoient éga-lement beſoin de reformation.

LA Juſtice étoitadminiſtrée par deux Conſeils, dont l'un dépendoit del'autre. Le Conſeil ſupérieur étoit dans'Ile de Bourbon. Aprés l'arrivéedu nouveau Gouverneur, des Lettres Patentes de Sa Majeſté attribusrentla méême indépendance au Conſeil de l'Ifle de France, du moins dans toutce qui concernoit la Juſtice. A l'égard de Fadminiſtration, le Conſeil ouréſidèit le Gouverneur ne ceſſa point d'étre ſupérieur à l'autre. Ce change-ment devint d'autant plus avantageux, qu'il arrèta taus les différends quiĩavoient ſouvent divifé les Conſeils des deux Hles(e).

DLA Police métoit pas un objet moins intéreſfant. II y avoit, dans l''IIlede France, des Négres marons, qui s'y faiſoient continuellement redouterpar leurs ravages. Le Gouverneur trouva le ſecret de les détruire, en ar-mant Négres contre Négres,& formant une Maréchauſſée de ceux de Ma-dagaſcar, qui purgerent enfin'le de la plüpart de ces Brigands. II ap-porta les mémes foins au Commerce, dont perfonne ne s'occupoit à ſonarrl-

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(e) Pendant onze ans que M. de la Bour-donnais a gouverné, on m'a] vùü qu'un ſeulProcès dans l'Ifle de France, parcéqu'il ter-minoit les affaires à l'amiable.

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() Voyez les Journaux de Mondevergue& de la Haye,& la Deſcription, au TomeXI.

(4) Voyez la Deſcription de Madagaſcar,au Tome XI.

SürrFEEMEFTLA LA Desc;tr-TIoN DES Is-LEs DE FRAN-

cE ET DZgZBouvRpor.Etat des

Ifles de Fran-ce& de Bour-bon, avant

Objet de laCompagniedes Indes dansces Etabliſſe-mens.

Changemensavantageuxqui s'y ſontfaits en peud'années.

Juſtice.