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Tome quatorzième.
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Plantes forteſtimées des

Médecins du

Japon.

Catechu ou

Cachou.

KEMPFER.1691.

294 VOYXAGE DE KEÆMPPFER

Ciel,& qui leur donne le pquvoir de voler; le peigne de Joritomo, pre-mier Monarque ſéculier du Japon, avec ſes armoiries deſſus; la cloche deKobodais, Fondateur d'une Secte célébre,& une Lettre écrite de la proprenain de Takimine. Ainſi tous les Peuples du Monde ont leurs chimères 3dont la ſource eſt dans la Nature humaine, puiſqu'elles ſe ſont trouvées à-peu-près les mêmes dans des Pays fort éloignés les uns des autres,& quin'avoient jamais eu de communication.

DrE Togitz, les Hollandois continuerent de deſcendre, pendant une lieue,tantôt ſur le penchant, tantôt au pied de la Montagne de Firango, d'ou ilsarrivéèrent à la vüe de la haute& fameuſe Montagne de C me-Jamma. Ils

laiſſèrent, à gauche, une Caſcade fort remarquablſe. Le Lac de Fakon

Stant environné de montagnes, n'a point d'autre iſſue que trois ouvertu-res, qu'il ſe fait par celle de Firango;& toutes ces eaux, raſſemblées ſur1

le penchant de cette montagne, forment un ſpectacle ſingulier dans leurchͤte. Enſfuite ſe reſſferrant dans un lit commun, avec pluſieurs ruiſfeauxqui s'y joignent, elles compoſent une grande Rivière, qui, rencontrant desrochers& des précipices, traverſe la vallée juſqu'à la Mer, avec un bruitterrible. On eſt dédommagé de la difficulté du chemin, par la beauté despoints de vüe. La Mer ſe préſente à l'Eſt, au bout d'une chatne de mon-tagnes. Kæmpfer, toüjours ardent à s'inſtruire, obſerva, dans ces lieuxſauvages, une admirable diverſité d'arbres, de plantes& de fleurs. LesMédecins du Japon attribuent des vertus ſinguliéres aux plantes de cesmontagnes,& les font recueillir avec ſoin. IIs eſtiment beaucoup une fortbelle eſpèce d'adiante ou de capillaire, dont les tiges& les côtes ſont d'unpourpre brun,& qui n'eſt connue, au Japon, qus ſous le nom de Fackona-Kſa, qui ſignifie Plante de Fakona. Comme elle croit en abondance,& queperſonne'n'ignore ſes vertus, il my a point de Voyageur qui ne s'arrètepour en cueillir ſa proviſion.

APRRs avoir paſſé par Jumotta, par Iiuada, par Katetama, ou Kaſamatz,& devant pluſieurs Temples célèbres, les Hollandois arrivèrent à Odovara,pour y paſſer la nuit. Cette Ville eſt bien fortifiée. On y prépare le Ca-techu parfumé(p), dont on fait des pilules, de petites idoles, des fleurs,& d'autres figures. Les femmes en font beaucoup d'uſage, dans la per-ſuaſion qu'elle affermit les dents& qu'elle donne de la douceur à Phalei-ne. Kæmpfer obſerve que c'eſt un jus épaiſſi, que les Hollandois& lesChinois portent au Japon;& qu'apréès la préparation qu'il regçoit dans lesVilles de Meaco, d'Odovara, ouù il eſt mélé avec de Tambre, du cam-phre& d'autres ingrediens, ils le rachétent, pour le tranſporter dans d'au-tres lieux(4).

LE 12, on paſſa la Rivière de Sakava, qui, ſans avoir plus de trois piedsde profondeur, eſt ſi dangereuſe, lorſqu'elle eſt enflée par les pluyes, que,pour arrêter ſes ravages, on a fait, à grand prix, des digues aufſi longuesque ſes bords. Sakava, Kooſi, Mejigava, Miſava, Koyſa, Firatzka& Bangjuou Benazju, ſont autant de gros Villages, qu'on traverſe avant que d'arri-

1 ver

(p) Ou TZerra Japo nica, qu'on nomme vulgairement Cachou.(4

)) Ibidem, pag. 65.£