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DANS LUEMPIRE DUJAPON, Lrv. IV. 297
II ſe paſſa pres de quinze jours avant que P'Ambaſſadeur püt obtenir ſapremiére Audience;& la captivité des Hollandois diminua fi peu dans cetInfervalle, qu'on leur recommanda même de ne pas jetter, de leurs fené-tres dans la rue, le moindre papier fur lequel il y et des caractères de'Eu-rope(). Cependant il parott que Kæmpfer eut l'adreſſe de ménager aſſezles Gardes, pour ſe procurer la liberté de viſiter la Ville,& d'en faire unedeſeription d'autant plus curieuſe, qu'il y a joint un Plan dont il vante lafidélité(v). 1G
DEs cinq grandes Villes de Commerce, qui appattiennent au DomaineImpérial, ſedo paſſe pour la premiére. Elle eſt tout à la fois la Capitale& la plus grande Ville de*Empire. C'eſt le féjour d'un grand nombre de
rinces& de Seigneurs, qui compoſent la Cour;& la multitude de ſes
abitans eſt preſqu'incroyable. Elle eſt ſituée, ſuivant J'obſervation de
Empfer, à trente-cinq degrés trente-deux minutes de Latitude, dans uneSrande Plaine de la Province de Masaſi, au fond d'une Baye fort poifſon-neuſe, qui a, du côté droit, en allant vers la Mer, Kamakura& la Provin-ce d' aſu;& du cêté gauche, les Provinces d'Aoa& de Kudſu. La face de
edo, qui regarde la Mer, a la figure d'un croiſſfant. Les Japonois lui don-nent ſept lieues de long, cinq de large,& vingt de circonférence. Ellemeſt pas entouréc de murs; mais pluſieurs foſſés qui Penvironnent,& dehauts remparts plantés d'arbres, avec des portes capables de réfiſtance,peuvent fervir avantageuſement à la défendre. Une grande Riviere, qui aſa ſource au Couchant, la traverſe& ſe jette dans le Port; tandis qu'un deſes bras va ſervir de foffé au- Chateau,& ſe jette auſſi dans le Port par cinqembouchures, dont chacune offre un pont magnifique.
IEDo m'eſt pas batie avec la régularité des autres Villes du Japon, par-Ssqu'elle n'eſt arrivée que par degrés à la grandeur qu'on admire aujourd'hui.Cependant on y trouve, dans plufieurs quartiers, des rues ſi régulieres qu'el-les ſe coupent à angles droits. Elle doit cet embelliſſement aux incendies,qui y réduifent ſouvent en cendre un grand nombre de maiſons. Les nou-velles rues peuvent être diſpoſées ſur le plan des Propriétaires du terrain.
n général, les maiſons de Jedo ſont baſſes& petites, comme dans toutS reſte de lEmpire. La plüpart ſont bäties de bois de ſapin, avecC un le-ger enduit d'argile. L'intérieur eſt le mêome qu’à Meaco; C'eſt à-dire, di-viſé en appartemens avec des paravents de papier, les murs revétus de pa-pier peint, le plancher couvert de nattes„& les toits couverts de bardeauxdu de coupeaux de bois. II meſt pas ſurprenant qu'avec des matières ſicombuſtibles, le feu y faſſe tant de ravage. Chaque maiſon doit avoir,ous le tont, ou deſſus, une cuve pleine d'cau, avec les inſtrumens néceſſai-res pour'employer. Cette précaution ſufft ſouvent, pour éteindre le es
ans
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„(*) Pag. 87. Cette défance venoit peut- copié& réduit, d'après un grand Plan deStrée d'un incendie, qui avoit brülé plus de quatre pieds& demi de long,& d'autant dequatre mille maifons avant l'arrivée des Hol- large, fait par les Japonois mêmes,& quitandois,& qui ſe renouvella pluſieurs ſois a cté dépofé entre les mains de M. le Che-Pendant leur fejqur dans la Ville. valier Hans Sloane. On le joint ici.
(w) Le Traductcur le donne pour fdélement ¹
XTVI. Part. P p
KEMrrERH169.
Deſcriptionde Jedo, ſe-jour de lEm-pereur.
Sa fituatlon.
Ses Edifices,
Précautionscontre l'in-cendie.