DANS LEMPIRE DU JAPON, Lfv. Iv. 311
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me Uſimatz, c'eſt-à-dire t Centre. Auſſi-tôt que les Portugais y furent lesMaitres, la commodité du Havre y attira, pour le Commerce, un grandnombre de Japonois& de Chinois, qui prirent le parti de s'y arréter. Lavieille Ville ne fuffiſant pas pour les contenir, on bâtit de nouvelles rues,qui furent diſtinguées par les noms des Provinces& des Villes, d'où leursprincipaux Habitans étoient venus. Telles ſont celles de Bungomatz, Je-domatz, Kabaſimamatz, Firandomatz, Omuramatz& Simaharamatz. AinſiNangaſaki devint, par degrés, une Ville fort grande& fort peuplée. MaisT'Empereur s'allarma bien-têt, de voir une Place de cette importance entreles mains des Etrangers;& prenant occaſion de quelques mécontentemensqu'il regut des Portugais, non-ſeulement il leur en éta la poſſeſſion, mais ildépouilla le Prince d'Omura, de ſa juriſdiction& de ſes revenus, qui fu-rent annexés au Domaine de Empire(x*).
Laà Ville de Nangafaki eſt ouverte, comme la plüpart des autres Villesdu Japon. Elle eſt lans Château, ſans murailles, ſans fortifications& ſansaucune défenſe. Trois Rivières, d'une fort belle eau, qui ont leur four-ce dans les montagnes voiſines, ſe réuniſſent à l'entrée de la Ville, pour latraverſer de'Eſt à OQueſt. Pendant la plus grande partie de l'année, ellesont à peine aſſez d'eau pour arroſer les champs de riz& pour faire tournerquelques moulins; mais, dans la faiſon des pluyes, elles groſſiſſent, juſqu'àdevenir capables d'entrainer des maiſons. Toute la Ville eſt diviſée endeux parties; celle d'CtſFimatz, ou la partie intérieure, qui eſt compoſéeaujourd'hui de vingt-ſix rues;& celle qui ſe nomme Sottomatz, ou Villeextérieure, qu'on peut regarder comme les Fauxbourgs,& qui contientſoixante& une rues. La plüpart ſont irréguliéres, étroites& mal propres.Les unes montent, d'autres deſcendent. Quelques-unes des plus roidesſont compoſées de marches de pierre, pour rendre le chemin plus commo-de. Elles ſont ſéparées, lune de Pautre, par deux portes de bois, une àchaque bout, qui ſe ferment toutes les nuits,& ſouvent pendant le jour,lorſque cette précaution eſt néceſfaire. Chacune a„Ccomme Jedo, Meaco& la plüpart des grandes Villes, ſon réſervoir d'eau, avec tous les inſtru-mens qui peuvent être employés contre le feu. L'échelle, qui fert à mon-ter dans ce lieu, eſt ſous la direction de 1'Officier qui commande dans la rue.Jamais les rues du Japon ne ſont d'une exceſſive longueur. Elles ne ſontpas toutes d'un Ijoο Japonois, qui eſt la meſure de ſoixante Kins, ou braſ-ſes, quoiqu'elles ayent emprunté leur nom de cette meſure. A l'égard dunombre des maiſons, il eſt rarement de plus de ſoixante dans une rue. Cel-les du Peuple ſont de miſerables bàtimens. Elles ſont petites, baſſes,&rarement de plus d'un étage. A Nangaſaki,'ameublement eſt tel qu'onTa repréſenté dans la Deſcription de Meaco; c'eſt-à-dire un lambris, ta-piſſfé de papier peint; des nattes d'un tiſſu fort éSpais, fur le plancher; desparavents de papier, qui diviſent jes chambres;& peu d'autres uſtenciles,que ceux qui ſont néceſſaires pour les beſoins journaliers de la cuiſine. Cha-que maiſon a, par derriére, une cour de décharge, ordinairement aſſezgrande pour contenir quelques plantes agréables& curieuſes, qu'on y
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KERMPFrER.1691.Les Portu-
gais gy éta-
bliſſent.
en ſonts,&!
Diſpoſitionintérieure deNangafaki.