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Tome quatorzième.
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DANS LEMPIRE DU JAPON, Lrv. IV. 313

tourée de planches de ſapin, médiocrement exhauſſées,& couvertes d'un Kæuerzn.petit toĩt, dont le ſommet eſt bordé d'un double rang de piques, en forme 1691.de cheval de friſe; foible défenſe, obſerve Kæmpfer, dans un cas d'atta-

que. A quelques pas des bords,& dans Teau, les Japonois ont planté

treize poteaux fort élevés, avec de petites planches au ſommet, qui con-viennent, en grands caractères, une défenſe à toutes ſortes de Vaiſſeaux

& de Bateaux, de paſſer les poteaux& d'approcher de l'Iſle. Devant le

pont, du côté de la Ville, on voit un autre pillier, de pierre de taille, ouù

Ton affiche les Edits de l'Empereur,& les Ordres des Gouverneurs. Mais

on lit conſtamment, ſur deux planches, un Ordre qut concerne la Garde;

avec un autre, qui regarde les Officiers de Deſima,& tous ceux que leurs

affaires obligent d'entrer dans l'Ifle ou d'en ſortir.

Ox donne, à Ifle de Deſima, ſix cens pieds de longueur& deux censquarante de largeur. Kæmpfer a trouvé, dit- il, en la meſurant avecſoin, que ſa largeur eſt de quatre-vingt-deux pas communs,& ſa plus gran-de longueur de deux cens trente-ſix. Elle eſt coupée, dans ſa longueur,par une large rue; mais on en peut faire le tour, par un petit chemin, quirêgne le long des planches, dont elle eſt environnée,& qui peut étre fer-mé dans le beſoin. Les eaux des goutières s'écoulent dans la Mer par destuyaux étroits& recourbés, auxquels on a donné cette forme, pour em-Pécher que rien ne ſorte de PIfle en cachette. La rue eſt bordée de mai-ſons, dans toute ſa longueur. Elles ont été batics aux dépens de quelquesHabitans de Nangaſaki, auxquels les Hollandois doivent encore, ou à leursHéritiers, en vertu du Contrat primitif, une rente annuelle de fix millecinq cens Siumomes; prix qui excéde, ſuivant Kæmpfer, le capital de lavaleur réelle. Elles ſont bâties de bois, ſur-tout de ſapin; à deux étages,dont le plus bas ſert de Magaſin. Les autres Bätimens de'Iſle font troisCorps-de-Garde, un à chaque bout de 1Ifle,& le troiſieme au milieu; unlieu proche de Pentrée, où l'on tient les inſtrumens néceſſaires pour étein-dre le feu;& de petits puits, qu'on a creuſés pour le même uſage. TouteTeau, dont on ſe ſert dans les maiſons, vient de la Riviere qui traverſe laVille, par des tuyaux de bambous,& ſe jette dans un réſervoir commun;mais cette commodité eſt un article que les Hollandois payent à part. LaCompagnie des Indes a fait batir à ſes fraix, derriére la grande rue, uneMaiſon deſtinée à la vente de ſes marchandiſes,& deux Magaſins, à l'e-preuve du feu; une grande Cuiſine; une Maiſon pour les Directeurs de ſonCommerce; une Maiſon pour les Interpréêtes, qui ne ſont employés quedans le tems des ventes; un Jardin de plaiſance; un Bain& quelques au-tres commodités. L'Ottona, ou le Chef Japonois de la rue, y occupe uneMaiſon commode, avec un Jardin. On a laiſſé une place vuide, où Poncleve des Boutiques, pendant que les Navires Hollandois ſont dans le Port.

KEMPFER compta ſoixante-deux Temples dans la Ville& aux dehors;cinq des Sinſia, conſacrés aux anciennes Idoles du Pays; ſept des Jamma-bos, qui ſont les Prêtres des montagnes;& cinquante à l'honneur des IdolesStrangéres, dont le culte s'eſt introduit au Japon. Vingt-neuf des derniersſont hors de la Ville, ſur le panchant des collines;& ne ſervent pas moinsau divertiſſement public qu'aux exercices de la Religion; ils ſont accom-

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