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Tome quatorzième.
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314
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KEMPPEE.1691.

TemplesChinois deNangaſaki.

Leur uſage.

Singularitésde leur fonda-tion.

314 VOYXAGE DE KEMPFE;R

pagnés de jardins agréables, de belles allées,& de grands appartemens.Ce ſont les plus beaux Edifices de Nangaſaki, par l'agrément de leur ſitua-tion, qui leur donne une vüe libre ſur la Ville& ſur le Port. Kæmpfers'étend beaucoup ſur la deſcription de ces Temples& de leur culte; maisremettant quelques- unes de ſes obſervations à Article général des Reli-gions Japonoiſes, on ne s'ttache ici qu'aux Temples des Chinois, quĩappartiennent à cette Deſcription, comme une des principales ſingularitésde Nangaſaki.

LEs Chinois y ont trois Temples, également remarquables par la beau-té de leur ſtructùre,& par le nombre des Pretres, ou des Moines, qui ſontentretenus pour le fervice des Autels. Is ſont proprement de la Secte deSen, quoiqu'ils ſoyent ornés d'Idoles& d'Images Chinoiſes, de grandeurnaturelle. On voit, dans les cours, de beaux arcs de triomphe& diversautres ornemens d'une forme étrangéère. Les Chinois,& d'autres Mar-chands qui trafiquent ſous leur nom, quoique leur langage ſoit différent,ont fondé ces Temples apres'extirpation totale du Chriſtianiſme, pour yexercer librement leur cuſte,& pour y dépoſer les Idoles de leurs Navires.Aufſi-tot qu' ils ſont entrés dans le Port de Nangaſaki, les Idoles ſont por-tées à terre,& placées dans des Chapelles, qu'on a bäties exprès au voiſi-nage du grand Temple. Cette cérémonie ſe fait avec des formalités ſin-guſiéres, au bruit des tymbales& des tambours. Elles font répétées, lorſ-qu'au départ des Jonqués, on y reconduit les Idoles.

Cns Temples, ou ces Monaſtéères, portent le nom du Pays, ou de laprovince de leurs Fondateurs, avec une épithéte qui exprime leur richeſſe.Le plus grand ſe nomme Nantindira, c'eſt-à-dire, Temple de la Tille de Nan-quin. Geſt le premier qui fut bàti au Japon. On ajolte, à ce nom, celuide Koofukuſi, qui ſignifie, Temple de IOpulence dtablie. 20. Tſiaksjudira eſtle Temple du Pays d Aimos, par lequel il faut entendre, ſuivant Kæmpfer,les Provinces Méridionales de Empire de la Chine. Les Chinois, qui habi-tent Ifle Formoſe,& qui ſont établis dans d'autres Pays éloignés de laChine, dépendent de ce Temple. Le Matſuſi, ou le Monaſtéere ſubor-donné, eſt fous la direction du Supérieur du grand Temple. L eépithéte,ou le fecond nom de ce Temple, eſt Fukuſi, c'eſt-à-dire, Temple des Ri-cher. 30. Fpbfiudira eſt le Tempie des Pays Septentrionaux. II fut fondépar les Chinois des Parties Septentrionales, qui continuent d'en dépen-dre. Son autre nom eſt Fuku-ſaiſi; c'eſt- à-dire, Temple des richeſſes&des offrandes.

LEs trois Monaſtères métoient anciennement habités que par desPrêtres Chinois, entretenus aux dépens de leur ſeule Nation. Mais de-puis qu'on a fermé Empire,& que les Réglemens ſont devenus fort ſé-véres pour les Marchands étrangers, on ne ſouffre, dans chaque Mo-naſtére, que deux Chinois de nailffance, qui tirent leur entretien de lacontribution volontaire de leurs Compatriotes,& des droits qui leur re-viennent de leurs priéres. Si ces libéralités ne ſuffiſent pas, ils atten-dent le reſte de la bonté de Empereur. Les trois Supérieurs reléventimmẽédiatement d'un Général pris de leur Corps, dont la réſidence eſt prèsde Meaco, ſur la Montagne d'Obatu. Ce Chef du Paganiſme

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