DreschrrrionDo JAPoN.
Obſervationſur la naturedes découver-tes.
Comment leJapon s'eſtformé en Mo-narchiec.
33 vOYAGE DE KEMPF E R
le pour les Iles de Lequiot, ouùv le vent contraire ne leur permit point d'a-border, ils tournèrent volontairement vers une Ile du Japon. Des pré-tentions ſi contraires n'ont point empéché le nouvel Hiſtorien de cet Em-pire d'adopter le récit de Pinto, ſans avoir éclairci le fond de la difficulté.Ses réflexions ne marquent néanmoins aucune prévention, en faveur d'unEcrivain, à qui on eſt redevable d'une partie des lumieres qui ſervent à„'Hiſtoire de[Apôtre des Indes(4).
Coxoczuons que, ſi l'on ne peut conteſter la découverte du Japon auxPortugais, le nom de l'Inventeur eſt trop incertain, pour obtenir un rangdans Hiſtoire à ce titre. Mais obſervons aufſi qu'il ne faut pas juger desdécouvertes qui regardent les Indes Orientales, comme de celles qui ſe fai-ſoient en même-tems dans un autre Hemiſphéère. Les unes, c'eſt-à-direcelles de Amérique, avoient, pour objet, des Pays véritablement incon-nus, que cette raiſon a fait nommer juſtement un Nouveau Monde; au-lieu que, dans les Indes Orientales, on connoiſſoit l'exiſtence& le nomméme de la plüpart des Pays, avant que d'y avoir pénétré. Il eſt impoſſi-ble, par exemple, qu'indépendamment de la Relation de Marco Polo, lesPortugais Etablis à la Chine n'euſſent pas appris, avant rannée 1542, qu'auNord d'une Mer, qu'ils fréquentoient, il y avoit, à peu de diſtance, degrandes& puiſſantes Iſles, où les Chinois portoient leur Commerce. Ainſi,pour s'exprimer proprement, la queſtion n'eſt pas quel fut le Portugais quidécouvrit le Japon, mais quel fut celui que le hazard d'une tempêéte, ou-d'autres caufes, y firent aborder le premier.
(2)„ Ce qu'il yade ſingulier, dit-il, c'eſt„ que dans le tems on il Etoit aifé de s'in-„, que deux accidens aſſez ſemblables oblige-„ ſtruire de ce fait, on ne s'eſt pas mis enrent deux Navires, l'un Chinois,& l'au-„peine de s'en informer, par la raiſon, ſanstre Portugais, daborder à ces Iſles, la„ doute, que pendant pluſieurs années on neméme année, à peu prèês dans le möme-„ parla guéres que de la découverte du Ja-tems,& ſans que l'un eùt connoiſſance de„ pon par le Navire Portugais. II faut con-Pautre; en-forte que ceux qui les mon-„ venir que le ſilence de preſque tous lestoient ſe crurent également en droit de„Hiſtoriens, ſur l'avanture du Navire Chi-s'attribuer Phonneur de la première décou-„nois, laquelle ſemble n'avoir Eté publiéeverte de ce grand& fameux Archipel,&„ qu'apréès que Fernand- Mendez Pinto eutque par le peu de ſoin qu'ont eu les uns„ mis au jour ſes Mémoires, eſt un grand& les autres de marquer les dattes, ou par„ préjugé pour la faire regarder comme uncelui qu'ils prirent de les ſupprimer, iln'a„ vrai Romanv. Ibidem, pag. 122& 123,„ jamais 6té poſſible de ſcavoir au juſte à qui Voyez U'Introduction du Voyage de Pinto,„ cet honneur appartenoit. II paroit mewe au Tome douzième de ce Recueil.
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Couvernement gênéral& particulier du Japon.
E Gouvernement du Japon a tofijours été Monarchique. Si l'on ſerappelle la diviſion des trois Races, ſur leſquelles les Japonois fontrouler toute leur Hiſtoire, on jugera facilement que les deux premières ſontfabuleuſes; mais le commencement de la troiſième eſt l'époque fixe& cer-taine de cet Empire. Elle commence ſix cens ſoixante ans avant J. C.,
avec le regne de Syn-Mu, qui étoit alors agé de ſoixante-dix-huit ans.Mo-