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DANS LEMPIRE DU JAPON, Lrv. IV.
Zipangu, ſans y avoir péẽnétré;& non-ſeulement la comparaiſon des particu-larités naturelles qu'il rapporte, avec celles que l'expérience a fait vérifier,mais la conformité même de ſes récits hiſtoriques, avec les Annales du Ja-pon& de la Chine, ne laiſſent aucun doute que ce ne ſoit le Japon qu'il anommé Zipangri. On lui fait honneur d'avoir contribué(n), par la Re-lation de cette Ile, aux conjectures& aux eſpérances de Chriſtophe Co-lomb. En ſuppoſant, comme on le faiſoit alors, quoique fauſſement, queEmpire de la Chine étoit de quinze heures à l'Orient de[Europe,& parconſéquent que Zipangri Pétoit encore davantage, Colomb devoit conclurenaturellement, qu' il abrégeroit plus le chemin, en dirigeant ſa courſe versFOccident, à ſon départ de Europe, qu'en allant vers l'Orient,& faiſantle tour de Afrique. Peut-tre aufſi avoit- il été frappé par la vüe d'uneCarte Marine,& d'une Mappemonde(), que Marco Polo avoit appor-tées en Europe,& qui repréſentoient divers Pays que les Portugais avoientdécouverts depuis. IIl eſt vrai du moins qu'en abordant à l'Iſle Uiſpaniola,il ſe crut dans la véritable Zipangri de Marco Polo.
LEs Portugais, qui s'attribuent la gloire d'avoir découvert le Japon, neconviennent pas eux-méêmes du tems auquel cet événement doit étre rap-porté. Les uns le font remonter juſqu'à lJ'année 1535. D'autres le placenten 1542, d'autres en 1548,& quelques-uns le rapprochent encore plus denôtre tems. Dans cette incertitude, le Traducteur de Kampfer ne croitpas qu'on puiſfe refuſer la préférence à l'opinion de Diego de Couto, Con-tinuateur des Décades de Barros. Ce Sgavant, qui étoit Hiſtoriographede Philippe II, Roi dEſpagne& de Portugal, avoit paſſé la meilleure par-tie de ſa vie aux Indes, ouù les Archives de Goa étoient confiées à ſa gar-de;& c'etoit de cette ſource qu'il avoit tiré des matériaux pour ſon grandOQuvrage des découvertes& des conquêétes des Portugais, qu'il a pouſſéjuſqu'à la fin du ſeiziéme ſiécle. II nous apprend, dans ſa cinquième Déca-de, qu'en 1542, pendant que Martin-Alphonſe de Souſa gouvernoit les In-des Orientales, trois Portugais, Antoine da Mota, Frangois Zeimoto,&Antoine Feiaota, furent jettés par une tempéête, ſur les Cõtes du Japon, àbord d'une Jonque chargee de cuir, qui alloit de Siam à la Chine().
LEMBARRAS n'eſt qu'à concilier ce récit avec celui de Fernand-Men-dez Pinto, qui non-ſeulement s'attribue l'honneur de cette découverte,mais qui compte Zeimoto entre ſes Compagnons; avec cette différence,qu'au-lieu de Frangois, il le nomme Diego. D'ailleurs Pinto n'Stoit pas par-ti de Siam;& c'eétoit dans la Jonque d'un Corſaire Chinois que faiſant voi-
leque M. de Liſie seſt trompé, en prenant,
pour les Ifles du Japon, les trois Inſulæ Sa-tyrorum de Ptolemée. Cet ancien Géographe
ſées principalement ſur ſa Relation& ſur ſesObſervations, dans la rare& fameuſe Editionde la Géographie de Ptolemée, publiée à
place les Ifles des Satyres au Sud de la Li-gne,& le Japon eſt certainement ſitué entretrente-un& quarante- huit degrés de Latitudedu Nord. Diſcours preliminaire du Traduc-eur. Pag. 33& 34.
(n) Le même, pag. 38.
(°) On trouve encore trois Cartes, dreſ-
Eyon, en 1535, par Michael Villanovanus,ou Michel Server, qui fut enſuite brülé à Ge-neve en qualité d'Athée.
(b) Le Père de Charlevoix les fait partirde Dodra, au Royaume de Cion, dans l'Iflede Macaſſar. Hiſtoire du Fapon, Tome II.pag. 139. Mais ce Royaume n'exiſte pas
DrschrrionD0 JAroN.
Fruit qu'entira Colomb.
Difficultésſür le tems&les Auteurs dela découverte— rdu Japon.