Band 
Tome quatorzième.
Seite
340
JPEG-Download
 

DzsckrPTIoNDPU JApox.

Succeſſionau Trone du. Siri

QLaoalfl.

Mariage du-Dairi.

—Son habil-lement.

Titres qu'il

eonfere.

340 VOYVAGE DE KEMPF E;R

„ méme des habits ſacrés du Dairi. Celui qui les porteroit, ſans ſa per-miſſion expreſſe, en ſeroit puni par une enflure douloureuſe“.AuvssI-rör que le Tröneé eſt devenu vaquant par la mort d'un de cesMonarques imaginaires, la Cour Eccléſiaſtique y Eléve ſon Héritier le plusproche, ſans diſtinction d'age ni de ſexe. On y a vü ſouvent des Princesmineurs, ou de jeunes Princeſſes, qui n'étoient pas mariées;& quelquefoismême, la Veuve de TEmpereur mort s'eſt trouvée aſſez proche de ſon ſangpour lui ſuccéder. S'il y a pluſieurs Prétendans à la Couronne, dont lesdroits puiſſent être conteſtés, on ajuſte le différend avec beaucoup de dou-ceur& de juſtice, en les faiſant rêègner tour à tour, chacun pendant uncertain nombre d'années, qu'on proportionne au degré du ſang. Quelque-fois le Pêre réſigne ſucceſſivement la Couronne à pluſieurs de ſes enfans,pour donner, à chacune de leurs différentes Mères, le plaiſir de voir le ſien,fur un Trêne, auquel il n'auroit pas d'autre droit. Ces changemens ſe fontavec le plus grand ſecret. Un Empereur peut mourir ou abdiquer, ſansque le public en ſoit inſtruit, juſqu'à-ce que la ſucceſſion ſoit rêglée. Ce-pendant il eſt quelquefois arrivé que ceux de la. Famille Royale, qui ſecroyoient appellés à la ſucceſſion, dont on les avoit exclus, ont maintenuleur droit par la force des armes. De-là ſont venues des Guerres ſanglan-tes, dans leſquelles tous les Princes qu Japon embraſſoient différens partis,& qui ne ſe ſont terminées que par la mort d'un des Concurrens,& par ladeſtruction de toute ſa famille().

Lr Dairi, ſuivant'uſage de ſes Prédeceſſeurs, prend douze femmes,& partage les honneurs du Trône avec celle qui eſt Méère du Prince hé-réditaire. Les cérémonies de ſon Mariage, celles de accouchement dePImpératrice,& du choix d'une Nourrice, pour*'Héritier de la Cou-ronne, font, dans les termes de Kæmpfer,„ d'une ſplendeur qui fur-„paſſe limagination; comme ſi la félicité de Empire en dépendoit uni-„ quement(5)“.

UHABIIEEMENT du Dairi eſt aſfez ſimple. Ceſt une tunique de ſoyenoire, ſous une robbe rouge;& par-deſſus les deux, une eſpéèce de cré-pon de ſoye, extrémement fin. II porte, ſur la téte, une ſorte de chapeau,avec des pendans aſſez ſemblables aux fanons d'une mitre d'Evéêque, oude la Tiare du Pape. Mais il affecte d'ailleurs une magnificence quiva juſqu'à la profuſion. Caron aſſure, dans ſes Réponfes aux Queſ-tions, qu'on lui prépare chaque jour un ſomptueux ſouper, avec une gran-de muſique, dans douze appartemens du Palais;& qu' après qu'il a décla-ré celui dans lequel il veut manger, tout cet appareil y eſt réuni ſur uneſeule table.

TourEs les perſonnes, qui compoſent ſa Cour, ſe vantent d'être deſ-cendus, comme lui, de Ten-ſio-Dſin, le premier des demi-Dieux& le Chefde la ſeconde Race Impériale. Quelques- uns d'entr'eux po Eé&dent de ri-ches Bénéfices, ou ils ſe retirent pendant une partie de année. Cepen-dant la plüpart demeurent enchainés religieufement à la perſonne facrée

de leur Chef, qu'ils ſervent dans les dignités dont il lui plait de les revèé-tix.

2)

(g) Pag. 238& précédentes.(b) Ibidem