Band 
Tome quatorzième.
Seite
345
JPEG-Download
 

DANS LEMPIRE DU JAPON, Lrv. IV. 345

Tono-Samag, c'eſt-à-dire, Seigneurs ou Princes. IIs commandent tour-à-tour;& tandis que l'un exerce ſes fonctions, l'autre fait ſon ſéjour à laCour Impériale de Jedo, juſqu'à- ce qu'il ait regu l'ordre d'aller relever ſonCollégue. La ſeule Ville de Nangaſaki en a trois, depuis l'année 1688,pour la fureté d'une Place de cette importance, où le Commerce des E-trangers demande beaucoup plus de vigilance& de précaution. Les ap-pointemens des Gouverneurs ne paſſent jamais dix mille taels; ſomme peuconſidérable, pour la grandeur de leur train& de leur dépenſe: mais lesprofits caſuels ſont immenſes;& l'on s'enrichiroit dans ces emplois, ſi lespréſens, qu'on y eſt obligé de faire à l'Empereur& aux Grands de la Cour,n'emportoient une bonne partie du gain. La Maiſon des Gouverneurs eſtcompoſée, en premier lieu, de deux ou trois Majordomes, ou Intendans,qui ſont ordinairement gens de condition; ſécondement, de dix Jorikis,Officiers civils& militalres, tous d'une naiſſance diſtinguée, dont l'em-ploi eſt de donner leur avis dans les occaſions importantes,& d'exécuterles ordres qu'ils regoivent. Is ſont employés auffi pour les députations,qui ſe font aux Seigneurs des Provinces;& leur ſuite eſt alors tres-nom-breuſe. Aprés eux, les Gouverneurs ont trente autres Officiers, qui ſenomment Docgju, d'un Ordre inférieur pour les fonctions& la naiſſance,ſuivant leur inſtitution: tous ces Officiers ſont nommés par l'Empereur,de qui ils regoivent leurs appointemens,& quelquefois des ordres parti-culiers, qu'ils exécutent ſans la participation des Gouverneurs, aupréès deſ-quels ils font comme les Surveillans de la Cour. Mais, à Nangaſaki,'a-bus qu'ils ont fait de cette indépendance, les a fait ſoũmettre abſolument,depuis Pannée 1688, à Fautorité des Gouverneurs, qui les nomment,&qui payent leurs appointemens; ce qui a beaucoup diminué leur an-cienne conſidération.

LE nombre des Officiers, qui ſuivent ces deux Ordres, eſt incroyable,comme celui des Gardes& des Domeſtiques. On prendroit le Palais d'unGouverneur pour celui d'un Souverain. L'autorité de ceux de Nangaſakis'étend non-feulement ſur les Habitans de la Ville, mais encore ſur les E-trangers que le Commerce y amène, ou qu'il y retient; c'eſt-à-dire, ſur lesChinois& les Hollandois. Ce n'eſt pas une des moindres ſources de leursprofits. On a vũ, dans la Deſcription de cette Ville, que les cauſes desChrétiens ſont aufſi de leur reſſort.

Tovs les Gouverneurs Impériaux préſident à un Conſeil, compoſé dequatre Magiſtrats, qu'on nomme To- Sij- Fori- Siu, ou les Anciens; parcequ'effectivement ils étoient autrefois choiſis entre les plus vieux Habitans.Cet Office étoit alors annuel; mais ils ſont devenus comme héréditaires,&lon nomme, tous les ans, un de ces quatre Magiſtrats, ſous le titre deNinbam, qui ſignifie Surveillant ou Gardien, pour informer le Gouverneur dece qui arrive d'important,& pour faire le rapport des grandes affaires quidoivent ſe traiter au Conſeil. Siil s'éléève quelque différend entre lui& ſesCollégues, Faffaire eſt portée devant le Tribunal de'Empereur, qui en re-met ordinairement la déciſion aux Gouverneurs. Autrefols les To-Sij-Jori-Siu, qui ſont comme les Maires ou les Conſuls de la Ville, dépendoientimmédiatement du Conſeil d Etat, dont ils recevoient leurs proviſions. IIs

XITVI. Part. 12 jouiſ-

DEescamTrrorDoU JaAron.

Gouver-neurs des Vil-les.

Deux ſortesde principauxOfficiers.

Quatre Maires, nommésTo-Sij JoriSiu.