Band 
Tome quatorzième.
Seite
346
JPEG-Download
 

DeschiprloNDu JapoN.

Dſiojoſis,Subdeleguésdes Maires.

Officiersnommés Nen-gioſis,& dé-licateſſe deleurs fonc-tions.

Tſiooſino-Mono, ouArchers.

Exécuteursde la Juſtice.

346 VOYAGE DE KEMPFER

jouiſſoient du Privilège de porter deux cimeterres, comme les Grands deEmpire,& de ſe faire précéder d'un Piquier; mais, à meſure que le pou-voir des Gouverneurs s'eſt accru, les Magiſtrats ont vü leur autorité dimi-nuer& leurs diſtinctions s'évanouir. On ſeur a retranché juſqu'au droit dechoiſir les Officiers de la Bourgeoiſie,& celui de régler les taxes. Cepen-dant celui, qui eſt revêtu de Office annuel de Ninbam, conſerve le droitd'aller à la Cour de Jedo, lorſqu'il a fini ſon terme, pour ſaluer[Empe-reur,& pour remettre, au Conſeil, le Mémoire de ce qui s'eſt paſſé dansla Ville pendant l'année de ſon adminiſtration.

Crs quatre Magiſtrats ont leurs Subdelegués, nommés Dſiojoſis, c'eſt-à-dire Officierz perpetuels, parceque leurs emplois ſont à vie. Iis jugent detoutes les petites affaires civiles. Le ſalaire de ces Officiers ſubalternes eſtune petite ſomme, aſſignée par IEmpereur. Cependant, comme le Peuplejage de l'importance d'un Office par la figure qu il voit faire à ceux qui enſont revétus, ils sefforcent de donner un air de dignité à leurs Charges,par de ſomptueux dehors qui ſervent de voile à leur pauvreté. Les Nengio-Jis ſont quatre autres Officiers, qui ſuivent les Dſiojoſis,& qui ſont nom-més par les Maires, pour repréſenter les Habitans de la Ville,& veiller àleurs intéréts prés des Gouverneurs. Ils ſont logés dans une petite cham-bre du Palais, où ils attendent le moment de préſenter leurs requêtes, aunom des Particuliers, ou de recevoir les ordres du Gouverneur. C'eſt unOffice délicat& penible, qui demande beaucoup de prudence& d'atten-tion. Tels ſont les principaux Officiers Municipaux. IIs n'ont pas de lieurèglé pour s'aſſembler;& s'il eſt néceſſaire qu'ils tiennent Conſeil, ils ſerendent chez le Ninbam, qui préſide à toutes les Aſſemblées oùð les Gou-verneurs ne ſe trouvent point.

Ox nomme, au Japon, Iſiooſino- Mono, ou Meælagers de Ville, ce quenous nommons Sergens ou Archers. C'eſt une Compagnie compoſée d'envi-ron trente familles, qui demeurent dans une même rue,& qui étoient au-trefois ſous les ordres du Ninbam; mais elles ne reconnoiſſent aujourd'hui

ue ceux des Gouverneurs. Leur occupation la plus ordinaire eſt de pour-uivre& d'arréter les Criminels. Quelquefois même on les employe pourles exécutions. Les enfans ſuivent Ia profeſſion des pêres. La plüpart ſontexcellens Lutteurs,& d'une adreſſe extréme à deſarmer un homme. IIlsportent tous ſur eux, une corde;& quoiqu'au fond leur Office ſoit mépri-

16, il paſſe pour militaire& noble,& leur donne le droit de porter deux

cimeterres comme les Gentilshommes.

ON a déja remarqué qu'il n'y a point d'Office plus vil& plus odieux,dans les Villes du Japon, que celui des Tanneurs. II conſiſte non-ſeule-ment à écorcher les beſtiaux morts,& à tanner les cuirs, mais encore àſervir d'Exécuteurs pour toutes les Sentences de la Juſtice, telles que d'ap-pliquer les Criminels à la torture, ou de leur donner la mort par les ſuppli-ces en uſage. Aufſi demeurent-ils enſemble dans un Village ſéparé,& pro-che du lieu des exécutions, qui eſt généralement au bout occidental de laVille, aſſez prêès du grand chemin( 1 1

A

(p) Kæmpfer, pag. 115& précédentes.