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Tome quatorzième.
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374
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DzscRIPTIONDU JAPoON.

Portrait d'unJaponois àcheval.

Norimons& Cangos.

374 VOYXAGE DE KEÆMPFER

ſont à cheval. La ſelle eſt de bois, toute ſimple& toute unie, aſſez ſem-blable, dit-il, aux bàts des chevaux de poſte de Suede; mais, pour ne pasbleſſer le cheval, elle eſt poſée ſur un petit couſſin qu'on lui met ſur le dos,avec une houſſe ſur la croupe, qui offre les armes ou la marque du Cava-lier. Une piece de drap aſſez groſſier pend des deux côtés;& ſi le tems eſtmauvais, on en attache les deux bouts ſous le ventre de l'animal, pour legarantir de la crocte. Sa téte eſt couverte d'un rezeau, dont les fils ſontdéliés, mais capables de la defendre de la piquùre des mouches, qui ſontfort incommodes au Japon. On lui met des ſonnettes au cou, au poitrail,& dans pluſieurs autres endroits. Oñ paſſe, par- deſſus la ſelle, deux cour-royes, qui, pendant à droite& à gauché, ſoũtiennent deux porte-man-teaux en équilibre;& pour les affermir parfaitement, on met, par-deſſus,une petite boete fort mince, qui poſe fur la croupe,& qui eſt arrétée àla ſelle avec des ſangles. Cette boete, qu'on peut ouvrir ſans la détacher,contient diverſes choſes qui peuvent ſervir aux beſoins du Cavalier. DansFeſpace, qui demeure vuide entre les deux porte-manteaux, on place uncouſſin, ou quelque choſe de mou;& c'eſt-la que le Cavalier eſt affis, lesjambes croiſées, comme 8'i] étoit à terre ſur ſa natte; ou pendantes, s'ilaime mieux cette ſituation. II doit étre fort attentif à ſe tenir affis fur lemilieu; ſans quoi il ſeroit menacé de tomber, ou de faire tomber le che-val même, qui n'eſt pas fort à'aiſe ſous un harnois de cette forme. Dansles chemins difficiles, un Valet tient la main ſur la boete, qui ſert à fixerle reſte de l'équipage. Un Japonois, monté comme on’ le décrit, avec unlarge chapeau de paille,& un manteau de papier vernifſé qui couvreThomme& le cheval, pour les garantir de Tardeur du Soleil& des autresinjures de Pair, fait une figure des plus groteſques. Le Cavalier ne tou-che point à Ja bride de ſon cheval. C'eſt un Valet qui la tient;& quimarche au côte droit, près de la téte. Dans les viſites, ques les gens dequalité ſe rendent mutuellement, ils tiennent la bride eux-memes; maisle cheval n'en eſt pas moins conduit par un ou deux Valets, qui le tien-nent par le mord. Les étriviéres étant fort courtes, un large cuir penddes deux côtés de la ſelle; à la manière des Tartares. Les etriers ſont defer, ou d'un métal qui ſe nomme Sowanſa. IIs ſont épais& peſans, affezſemblables dans leur forme à la plante des pieds; ouverts d'un cêté, pourdonner de la facilité à s'en débarraſſer; ordinairement fort bien travaillés,& garnis d'argent. Les rênes ſont de ſoye, attachées au mord(c). Ona déja remarqué que les Japonois ne montent point à cheval par le côté,mais par le poitrail à droite; ce qui eſt fort incommode pour ceux qui n'ontpas beaucoup d'agilité.

LEs Voitures du Japon ſont une maniére de voyager plus magnifique-ment, mais avec plus de dépenſe. On s'en ſert aufſi dans les Villes. Ceſont des eſpéces de litiéres, qui ſont portées par des Domeſtiques, ou pardes Porteurs de profeſſion. OUn en diftingue deux ſortes; celles des per-ſonnes de qualité s'appellent Merimons,& les autres Cangos(d). Rien

m'eſt

(c) Pag. 302& précédentes.(4) Mrimon ſignifie Chaiſe;& Cangos, Hote ou Panier.

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