DANS LEMPIRE DU JAPON, Lrv. IV. 373
chaque Diſtrict, on apprend, par des inſcriptions en gros caractères, queleſt le Canton, quelles ſont les Terres où l'on ſe trouve,& de combien demiles, la Ville, ou le Chateau le plus proche en eſt éloigné. Les moindreschemins ſont bordés de ſapins ou d'autres arbres,& rafratchis par des fon-taines. On y a creuſé des foffés& des canaux, pour en faire écouler leseaux dans les terres baſfes. On y a conſtruit des digues, pour arréêter cel-les qui, tombant des lieux élevés, y pourroient caufer des inondations. IIn'y a que les neiges, auxquelles on n'a pas trouvé le moyen de remédier,& dont Fabondance eſt d'une extréme incommodité pendant l'Hyver. Au-reſte, ce ſont les Villages les plus voiſins, qui ſont chargés de ces travauxpublics. Les chemins ſont nettoyés tous les jours;& lorſqu'une perſonnede haute diſtinction doit y paſſer, des Officiers, qui n'ont pas d'autres fonc-tions, marchent devant, pour y faire rêgner l'ordre. De diſtance en diſtan-ce, on trouve des monceaux de ſable, pour applanir& ſécher les endroitsqui ſont rompus par les pluyes. Les Seigneurs& les Gouverneurs des Pro-vinces ſont fuͤrs de rencontrer des cabinets de verdure, dreſſés pour eux,de trois en trois lieues, avec toutes les commodités qui peuvent diminuerla fatigue du Voyage. On ne doit pas s'imaginer que ce travail ſoit d'unegrande dépenſe pour les Payſans; au contraire, tout ce qui peut ſalir les che-mins, tourne à leur utilité: les branches des arbres leur tiennent lieu debois de chauffage, qui eſt trés-rare dans quelques Provinces; les fruits, quĩne ſe mangent point,& toutes les autres immondices, ſervent à engraiſ-ſer leurs terres. Auffi s'empreſſent-ils d'eux-méêmes à les venir enlever. Ona formé des chemins, dans les montagnes les plus eſcarpées; on a bâti desponts, fur toutes les Rivières qui peuvent en recevoir;& Kæmpfer en dé-crit un de quarante arches,& de quatre cens pas de longueur. La plüpartſont de bois de cédre, quelques-uns de pierres;& preſque tous ſont ornésde belles baluſtrades, ſur leſquelles on voit réegner, de chaque côté, unerangée de groſſes boules de cuivre.
DäANs leurs Voyages, les Japonois ont Puſage d'une ſorte de haut-de-chauſſes, extrémement larges juſqu'aux genoux, d'où elles vont toũjoursen retréciſſant juſqu'à la cheville du pied,& fendues des deux côtés pourrecevoir les deux bords de la robbe, qui rendroient autrement la marchefort incommode. Les uns portent auffi une eſpéce de juſte-au- corps, oude manteau court;& d'’'autres, au-lieu de faire deſcendre les haut-de-chauſſes aſſez bas pour couvrir la jambe, y ſuppléent par de larges ru-bans, dont ils ſe couvrent, depuis les genoux juſqu'aux pieds. Les Do-meſtiques& les Porte-faix ſe trouſſent entiérement juſqu'à la ceinture, ſansaucun égard pour la pudeur. Quoiqu’on ne ſorte jamais, au Japon, ſansun évencail à la main, celui qu'on porte en Voyage eſt remarquable par lesnoms des routes& des hôtelleries, qui s'y trouvent marquses. On ſe mu-nit auſſi de petits livres, qui ſe vendent ſur la route,& qui contiennent leprix des vivres(L).
KEæMPFER prend plaiſir à repréſenter la maniére, dont les Japonois
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(5) II n'eſt pas permis aux Hollandois du Japon, d'acheter de ces l'vres. Ibid. pag. 300.
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