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Tome quatorzième.
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DANS LEMPIRE DU JAPON, Lrv. IV. 385

d'envelopper toute la Nation Portugaiſe dans cette Sentence. IIs ne vou-loient pas ſe priver volontairement des marchandiſes& des raretés étrangèͤ-res qu'elle apportoit dans leurs Etats. Vers la fin de cette effroyable per-ſécution, qui fit périr preſque tous les Religieux Portugais& Caſtillans,les Séculiers& les Marchands furent épargnés, dans la vüe de continueravec eux les traicés de Commerce, qui n'avoient rien de commun avec l'af-faire de la Religion. En 1635, on jetta les fondemens de''Iſle de Deſi-ma, que les Hollandois poſſédent à préſent, dans le Havre de Nanga-ſaki;& cette demeure fut aſſignée aux Portugais. Mais, peu de temsaprès, une fatale conſpiration contre la perſonne de Empereur, danslaquelle on les accuſa d'eétre entrés, acheva malheureuſement de lesperdre.

IIL faut ſe rappeller qu'avant la fin du ſeizième ſiécle, les Hollandois ex-cités par l'immenſe profit que les Portugais tiroient du Japon, avoient for-mé, dans l'enfance de leur Compagnie des Indes Orientales, le deſſein des'y procurer un établiſſement ſolide, ou d'y obtenir du moins un lieu fixe,pour la réception des Vaiſſeaux& des marchandiſes, qu'ils ſe propoſoientd'y envoyer tous les ans(e). Leur premier Comptoir fut bati au commen-cement du ſiécle ſuivant, dans une petite Ile peu éloignée de la Ville deFirando, à laquelle il communiquoit par un pont. On leur avoit fait unaccueil d'autant plus favorable, qu'ils étoient Ennemis jurés des Portugais,dont la Cour de Jedo avoit déja réſolu de ſe délivrer. Les Portugais, de leurcôté, n'oubliérent rien, pour traverſer'entrepriſe de ces dangereux Ri-vaux. IIs employèrent, contre eux, le crédit qu'ils conſervoient encoreprès d'une partie des Grands de lEmpire. Mais tous leurs efforts demeu-rérent ſans ſuccès. L'Empereur Ijejas, qui fut nommé GCongen aprèes ſamort, accorda, en 1611, la liberté du Commerce aux Hollandois, danstoute l'étendue de ſes Etats, par un Gosjunim formel, c'eſt-à-dire, parPActe le plus ſolemnel de Empire. Apreés la mort d'ljejas, ils s'adreſſè-rent à la Cour, pour faire renouveller leur Priviléege; déemarche que Kæmp-fer nomme imprudente, parceque les premiêres Lettres, qui leur étoient ex-trémement favorables, ſuffiſoient, dans une Nation qui obſerve, avec laderniére fidélité, les engagemens de ſes Ancétres. Cette demande fut ac-cordée, mais avec des conditions beaucoup moins avantageuſes. Cepen-dant la proſpérité des Portugais diminuoit de jour en jour;& les Hollan-dois commencérent à ne rien ménager pour s'établir ſur leur ruine. Outreleurs ſoins& leurs dépenſes à la Cour, pour ſe procurer les bonnes gracesde Empereur,& pour engager tous les Grands dans leurs intéréets, ils fi-rent acheter, dans les Pays étrangers, tout ce qu'il y avoit de rare& d'ex-quis, pour en faire des préſens. Les animaux les plus ſinguliers,& lesmarchandifes les plus précieuſes, furent apportés des Parties les plus éloi-gnées de TEurope, de la Perſe& des Indes. On obſerve que les Japonoisabuſoient de cette ardeur à leur plaire, en donnant, à des Alliés ſi com-plaiſans& ſi ſoũmis, des figures bizarres, qui ne pouvoient avoir d'exi-

ſtan-

(e) Voyez les Relations du Tome X. de ce Recueil.

XITV. Part. Ccc

DzgschrFPTrIoNDũ JApov.Reſte de fa-

veur pour les

Portugais.

Ceſt poureux qu'onforme l'Iſle deDeſima.

Commentles Hollandoisdeviennentleurs Rivaux.

Efforts ſin-guliers desHollandoispour les ſup-planter.