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Tome quatorzième.
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DrzschrrroNod̃ Jarox.

Imprudencede quelquesReligieux deSaint-Fran-gois,& ſesmalheureuſesMites.

384 VONXAGE DE KM M P. F E R

„ Contra, für le grand chemin, un des Conſeillers d'Etat qui alloit à la„ Cour. Le ſuperbe Prélat ne voulut pas faire arrèter ſa chaiſe, pour„ mettre pied à terre& rendre ſes reſpects à ce Grand, ſuivant Puſage da„ Pays. Une conduite ſi imprudente, dans un tems où les Portugais étoient„ déja déchüs de leur crédit, ne pouvoit étre que d'une fort dangereuſe„ Conſéquence pour leur Nation. Le Conſeiller s'en plaignit à TEmpe-„ reur,& Jui fit un portrait de'orgueil de ces Etrangers, qui excita vi-„ vement ſon indignation. Cet événement eſt rapporté à'année 1596.„ Ce fut dans le cours de l'année ſuivante, que la perſécution fut rallumée„ contre les Chrétiens.

„ Ala vérité les Bonzes, ou les Prétres du Pays, irrités de voir renver-„ ſer leurs Temples& briſer leurs Idoles, échaufférent encore le reſſenti-„ ment de la Cour; ſans compter que l'union& la bonne intelligence qu'on„ voyoit régner entre les Chrétiens, donna de l'inquiétude au prudent„ Empereur Taico,& à ſon Succeſſeur Jyejas. Le premier ne devoit la„ Couronne qu’*à ſon courage& à ſa bonne conduite. L'autre, qui la de-„ voit à la trahiſon,& à des trames criminelles, appréhendoit avec d'au-„ tant plus de raiſon les progrès du Chriſtianiſme, que ſon pupille Fide-„ Jori, fils unique de Taico, ſur lequel il avoit uſurpé le Trone,& la„ plüpart des Courtiſans, avoient été les uns Chrétiens, les autres portés„ à favoriſer la Religion Chrétienne. On commenga par publier une Dé-„ claration Impériale, qui défendoit d'enſeigner plus ſong-tems la Doctrine„ der Pores; Ceſt le nom que les Japonois donnoient aloörs à la Religion„ Catholique Romaine. Enſuite les Gouverneurs,& les Grands des Pro-„ winces, regurent ordre d'obliger leurs Sujets, par la perſuaſion ou la for-„Ce, de rentrer dans l'ancienne Religion. II fut auſſi trés-ſévérement dé-„ fendu, aux Directeurs du Commerce Portugais, d'amener à bord de leurs„ Vaiſſeaux aucune ſorte d'Eccléſiaſtiques;& ceux qui étoient diſperſés„ dans le Pays furent ſommés d'en ſortir. On n'obéit pas d'abord exac-„tement à ces rigoureuſes Loix. Les Portugais& les Caſtillans continue-„ rent d'amener ſecrétement de nouvelles recrues de Miſſionnaires. Mais„ il arriva, dans les méêmes conjonctures, un malheureux accident qui hà-ta leur ruine*.QuELQuEs Religieux de Saint-Frangois, envoyés par le Gouverneurde Manille, avec la qualité d'Ambaſſadeurs à la Cour du Japon, préché-rent publiquement dans les rues de Meaco,& firent bàtir une Egliſe, mal-gré les ordres de Empereur, qui venoient d'étre publiées,& contre lesavis& les preſſantes ſollicitations des Iéſuites. Cette imprudence, obſer-ve Kæmpfer, ne pouvoit être excuſée que par un déſir ardent du Martyre& par le précepte de l'Apôtre, qu'il vaut mieux obéir à Dieu qu'aux hom-mes: mais il étoit évident qu'un mépris ſi manifeſte de l'Autorité Impéria-le porteroit un coup irréparable au Chriſtianiſme. Aufſi la perſécution, quis'leva aufſfi⸗tot, n'a-t'elle rien d'égal dans l'Hiſtoire de l'Egliſe. Apres uncruel maſſacre de pluſieurs milliers de Chrétiens, qui dura prês de quaranteans, elle finit par Pextirpation totale de la Foi Chrétienne,& par le ban-niſſement perpétuel des Portugais.

CEPENDANT il paroit que l'intention des Empereurs n'Stoit pas gee.

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