DANS LEMPIRE DU JAPON, Lrv. IV. 409
les déſerts, oùð il découvrit des nouvelles routes pour la commodité des DescamrronVoyageurs. Les ſammabos ſont diviſés en deux Congrégations, ſous les pu Arox.noms de Toſanfas& de Fonſanfas, dont la principale différence conſiſte dans
celle d'un Pélerinage particuſier, qu'ils font obligés de faire tous les ans.
Les uns ont pour terme une Montagne fort haute, nommeé Eikoſan, dans
la Province de Bugen. Les autres vont au tombeau de leur Fondateur, dans
la Province de Joftſijno, ſur une autre Montagne, qui n'eſt pas moins diffi-
cile,& qui ſe nomme Omine. A leur retour, les uns& les autres ſont obli-
gés d'aller rendre vifite à leur Général, qui réſide à Meaco. IIs lui font
préſent d'une partie de leur quéte, pour laquelle ils regoivent un nouveau
titre de diſtinction,& le droit de faire quelque changement honorable à
leur habit. Ils ſont vetus comme les Séculiers, avec quelques ornemens e. Lequ'ils y ajoütent,& qui ſont rêglés par les ſtatuts de[Ordre. Leur ci- eeee heemeterre, qu'ils portent attaché à leur ceinture, du côté gauche, eſt un
peu plus court que les cimeterres communs,& le fourreau en eſt plat. Ils
ont, a la main, un petit baton du Dieu Dſiſo, avec un pommeau de cui-
vre, où tiennent quatre anneaux du même meétal, qui leur ſervent à faire
du bruit pendant leurs prieres. A leur ceinture pend une grande coquille,
tournée en trompe, unie, blanche, avec des lignes& des taches rouges,
qui ſe trouve ſur la Côte d'Array,& qui leur ſert en effet de trompette ou
de cor, pour demander laumõne aux Voyageurs qu'ils rencontrent. IIs
ont, autour du cou, une ſorte d'écharpe, terminée par des franges, quiĩ
fait connoftre, par ſa longueur& par la diſpoſition des franges, les titres
qu' ils ont regus de leurs Supérieurs. Il y en a peu qui portent un bonnet
particulier: mais leurs ſandales ſont faites de paille entrelaſſée, ou des tiges
de la fleur de Tarate, plante à laquelle ils attachent une haute opinion de
ſainteté. L'uſage de cette chauffure eſt réſervé, ſur-tout, pour leurs Pé-
lerinages aux deux faintes Montagnes. IIs ont ſur le dos, un ſac, dans le-
quel ils mettent leurs livres, leur argent& leur linge. Jamais ils né ſont
ſans une eſpéce de chapelet, de grains raboteux, ſur lequel ils récitent
leurs priéres; mais comme l'invention en eſt plus nouvelle que l'inſtitution
de l'Ordre, on n'en trouve aucune trace dans les ſtatuts. Enfin, ils ont un
gros bäton, dont'unique uſage eſt de les ſoũtenir dans leur marche. Les
plus diſtingués ſe font couper jes cheveux fort courts, derriere la tete. Les
autres leur laiſſent toute leur longueur,& ſe contentent de les relever en
les attachant. Pluſieurs néanmoins ſe les raſent tout-à-fäit. IIs ſont ma-
riés,& leurs enfans ſfuivent le genre de vie de leurs pêres. On ne man- Commentque point de rencontrer quelques Jammabos, autour des plus célébres ils deman-Mias. Ils demandent laumòône avec leur trompe, ou d'une voix WE1“au nom du Dieu qu'on y adore. Leurs enfans, qu'ils élevent dans cet-te profeſſion vagabonde, ſont fort incommodes aux Voyageurs. IIs vontles attendre ſur ſe penchant des collines,& dans les paſſages étroits, ouù ileſt difficile de refuſer quelque libéralité à leurs inſtances.
Ox trouve, ſur les grands chemins du Japon, d'autres Mendians, quimarchent ordinairement quatre à quatre, vetus de toile blanche, commeon l'eſt à la Cour du Dairi. Les deux premiers vont d'un pas lent& grave,mais d'un air réſolu. Lorſfqu'ils entrent dans un Village, ou qu'ils voyent
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