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Tome dix-huitième.
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I N A MERIQOV E, Lrv. I 333

dans ſon entrepriſe, il lui donna toutes les inſtructions qu'il auroit p atten- FERNAN 5dre du plus fidéle Ami de'Eſpagne. Cortez apprit de lui que le reſte de ben. parnsla Chaufſée étoit plus large& mieux entretenu; qu'il n'avoit rien à redou- 1519.ter dans tous les Bourgs qui la bordoient; que la Ville même d'Iztacpala- Ioſtructionspa, quoique dépendante d'un Parent de Empereur, Etoit paiſible,& ne A 82s'oppoſeroit point à ſon paflage; que cette indifférence des Mexiquainsvenoit de Fextréme abbattement de Motezuma, dont Feſprit paroiſſoittroublé par les prodiges du Ciel, par les réponſes de ſes Oracles,& parles merveilles qu'on lui racontoit des Etrangers. Enfin le Cacique l'aſſuraqu'il trouveroit la Capitale prête à le recevoir,&'Empereur plus diſpo-ſé à ſouffrir des humiliations, qu'à ſe livrer aux emportemens de ſa fier-té. Ces lumiéres venoient d'autant plus à propos, qu'une partie de'Ar-mée avoit commencé à s'effrayer de tant de grands objets, qui devoientfaire prendre une magnifique idée de la grandeur& de la force de'Em-LE lendemain, Cortez fit partir toutes ſes I roupes en ordre de Batail-le, ſuivant la largeur de la Chauſſée, qui ne pouvoit contenir que huit Ca-valiers de front. L'Armée étoit alors compoſée de quatre cens cinquanteEſpagnols, ſans y comprendre les Officiers,& de ſix mille Indiens, Zam-poalans& Tlaſcalans. Elle marcha ſans obſtacle juſqu'aux Portes q'lztac- Zille d'I2-palapa. Cette Ville ſe faiſoit diſtinguer entre toutes les autres par la beau- tacpalapa.té de ſes Tours,& par la hauteur de ſes Edifices, dont une partie étoitbätie dans l'eau,&'autre ſur les bords de la Chaufſée. On y comptoitenviron ſix mille Maiſons. Le Cacique, accompagné de pluſieurs autresPrinces, vint recevoir le Général Stranger,& chacun ſe fit connoitre parſon nom& ſa dignité. Les préſens, qu'il regut à l'entrée de la Ville, mon-térent à deux mille marcs d'or. Tous les Eſpagnols furent logés dans le CommentPalais mêeme du Cacique,& les Indiens de l'Armée dans les Portiques& lesles Cours. Cortez eut un Appartement de pluſieurs Salles fort ornées, dont 7 ſont loges.le platfond étoit de cedre,& les tapiſſeries de Coton, avec des figures&des compartimens de pluſieurs couleurs. I admira, dans la Ville, quanti-té de Fontaines d'eau douce, dont l'eau venoit des Montagnes voiſines,par des canaux, qui ſervoient enſuite à la répandre dans pluſieurs Jardinsfort bien cultivés. Celui du Cacique étoit d'une beauté ſinguſièSre. On yvoyoit quantité d'arbres fruitiers, qui formoient de larges allées,& desparterres, diviſés par de fort beaux treillages en pluſieurs formes, qui of-froient une variété admirable d'herbes odoriférantes& de fleurs. Le cen-tre étoit un Etang quarré, d'eau douce& fort pure, qui n'avoit pas moinsde quatre cens pas ſur chaque face,& dont les bords étoient revetus d'unmélange de brique& de pierre, avec des dégrés de chaque côté pour deſ-cendre juſqu'au fond du baſſin. On y nourriſſoit toutes ſortes de Poiſſon& d'Oifeaux de Rivière. Cet ouvrage, que les Eſpagnols jugèrent dignede IEurope,& qui n'étoit que Fentrepriſe d'un Sujet de rEmpire du Me-xique, augmenta l'opinion qu'ils avoient des richeſſes& de la grandeur daSouverain(). IE.

p. 9. Herrera, Liv. 7. Chap.

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