FERNANDCoRTEZ.15 20.On croitNarvaez d'in-telligence a-vec Motezu-1
Raiſonne-mens deMotezumaſur la diviſiondes Eſpa-gnols.
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CommentCortez luirépond.
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froidirent pour une Cauſe, qu'ils voyoient ſoutenir avec tant d'orgueil&d'indécence(°).
QueronEs Auteurs Eſpagnols ont écrit que Narvaez avoit formé une étroi-te Correſpondance avec Motezuma,& que par des Courriers fréquens,qu'il dépechoit de Zampoala à Mexico, il ſe vantoit d'être venu avec uneCommiſfſion du Roi d'Eſpagne, pour chatier Pinſolence d'une troupe de Su-jets rebelles& bannis, qui rendoient le nom Eſpagnol odieux par leurs bri-gandages. Mais cette ſuppoſition paroit peu vraiſemblable à Solis, qui nepeut comprendre, dit-il, comment Narvaez, ſans Interprétes,& ſans au-cune relation à la Cour de Mexico, auroit trouvé le moyen de lier tout-d'un-coup un commerce de cette nature avec Empereur. II en conclutque le retour d'Olmedo, avec de fächeuſes nouvelles, qui cauſérent aſſezde chagrin à Cortez pour en faire paroitre quelques traces ſur ſon viſage,& les avis, qui venoient continuellement à la Cour, par des Courriers Me-xiquains, font les ſeules lumiéres qu'on puiſſe attribuer à Motezuma fur ladiviſion des Eſpagnols(p). Cependant ce Prince devoit avoir pénétréfort habilement la vérité, puiſque, dans le premier entretien qu'il eut avecCortez, il lui parla ouvertement des mauvais deſſeins que le nouveau Ca-pitaine de ſa Nation faiſoit éclater contre lui. II ajoũta qu'il n'étoit pasfurpris qu'ils euſſent enſemble quelque différend particulier, mais de cequ'étant Sujets du même Prince, ils commandoient deux Armées qui pa-roiſſoient ennemies;& qu'il falloit néceſſairement qu'au moins l'un desdeux Commandans fàt hors des bornes de Pobéiffance qu'il devoit à ſonSouverain. Le Général, d'autant plus embarraſſé de cette concluſion qu'ilne croyoit pas Empereur ſi bien inſtruit, rappella toute ſa préſence d'eſ-prit pour lui répondre, que ceux qui Pavoient averti de la mauvaiſe diſpo-fition du nouveau Capitaine ne s'étoient pas trompés ſur ce point,& quevenant d'en recevoir avis lui-même par Olmedo, il s'étoit propoſé de com-muniquer cette nouvelle à Sa Majeſté; mais que cet Officier, qui ſe nom-moit Narvaez, étoit moins un Rebelle qu'un Homme abuſé par de ſpé-cieux prétextes; qu'étant envoyé par un Gouverneur mal informé, qui ré-ſidoit dans une Province fort éloignée de la Cour d'Eſpagne,& qui ne pou-voit avoir appris les derniers ordres de leur Souverain, il s'étoit vainementperſuadé que les fonctions de cette Ambaſſade lui appartenoient; préten-tion imaginaire, qui ſeroit bientõt diſſipée, lorſqu'il auroit fait ſignifierlui-même, à cet inutile Ambaſſadeur, les pouvoirs en vertu defquels il
evoit commander à tous les Eſpagnols qui aborderoient ſur la Cêôte du Me-xique; que pour remédier promptement à cette erreur, il avoit réſolu deſe rendre à Zampoala, avec une partie de ſes Troupes, dans la ſeule vüede renvoyer celles qui s'y étoient arrétées,& de leur déclarer qu'elles de-voient duù reſpect aux Peuples de'Empire, depuis qu'ils étoient ſous lapro-
(°) Solis, Liv. 4. Chap. 7. Herrera, Liv. on xépond que c'toit l'uſage des Mexiquains9. Chap. 18, 19& 20. à F'égard de tous les Etrangers qui abordoient
(p) Herrera parle de quelques préſens que ſur leur COte, comme on Fa vü dans l'e-ce Prince avoit envoyés à Narvaez,& qui xemple de Cortez,ſemblent ſuppoſer une correſpondance; mais