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protection de Eſpagne;& qu'il vouloit exécuter promptement ce deſſein,par le juſte empreſſement qu’il avoit d'empécher qu'elles n'approchaſſentde la Cour, parce qu'étant moins diſciplinées que les ſiennes, 1l craignoitque leur voiſinage n'excitat des mouvemens dangereux pour le repos de'Empire.
CeErrE réponſe étoit d'autant plus adroite, qu'elle intéreſſoit la CourMexiquaine à la réfolution qu'il avoit déja formée d'aller au-devant deNarvaez. Auffi'Empereur, qui n'ignoroöit pas les violences auxquellesſes Ennemis s'étoient emportés, ni la ſupériorité de leurs forces, Iui re-préſenta-t'il qu'il y avoit de la témérité à s'expoſer avec ſi peu de Troupes.II lui offrit une Armée, pour ſoutenir la ſienne,& des Chefs qui reſpecte-roient ſes ordres. Mais Cortez ſentit le danger d'un ſecours, dont il pou-voit être forcé de dépendre;& s'étant excuſé ſur la diligence qui étoit né-ceſſaire à ſes vües, il ne penſa qu'aux préparatifs de ſon départ. IIl ſe flat-toit encore, ſinon d'engager Narvaez à union, du moins de faire ſervirles intelligences qu'Olmedo lui avoit ménagées, à le forcer d'accepter desconditions raiſonnables. Cependant, pour ne pas donner trop au ha-zard, il envoya ordre, à Sandoval, de venir au-devant de lui avec laGarniſon de Vera-Cruz, ou de l'attendre dans quelque Poſte ouù ils puſſentſe joindre fans obſtacle,& d'abandonner ſa Fortereſſe à la garde des In-diens alliés.
Ex quittant ſon Quartier, il y laiſſa quatre- vingts Eſpagnols, ſous leCommandement d'Alvarado, pour lequel il avoit remarqué de l'affectionaux Mexiquains,& dont il connoiſſoit d'ailleurs le courage& la conduite.II lui recommanda particulièrement de conſerver à Empereur cette eſpècede liberté qui l'empéchoit de ſentir les dégoũts de fa Priſon,& d'apporternéanmoins toute ſon adreſſe à lui Öter les moyens d'entretenir des prati-ques ſecrétes avec les Prétres& les Caciques. II remit à ſa charge le tré-ſor du Roi& celui des Particuliers. Les Soldats, qui demeuroient ſousſes ordres, promirent, non-ſeulement de lui obéir comme à Cortez mêẽme,mais encore de rendre à Motezuma plus de reſpect& de ſoumifſion que ja-mais,& de vivre dans une parfaite correſpondance avec tous les Mexi-quains. La principale difficulté ſembloit conſiſter à s'aſſurer des diſpoſi-tions de Empereur, dont le moindre changement pouvoit renverſer lesplus ſages précautions. Cortez, par des reſſources de génie, qui augmen-toient dans ſes plus grands embarras, parvint à lui perſuader qu'il n'avoitpas d'autre intention que de le ſervir;& qu'il reviendroit bientét prendrecongé de lui, pour retourner en Eſpagne avec ſes préſens,& T'aſſurancede ſon amitié, qui paroĩtroit d'un prix ineſtimable au grand Prince dont ilavoit accepté Talliance. Il le toucha par ſes reſpects& par ſon langage,juſqu'à lui faire engager ſa parole de ne pas abandonner les Eſpagnols, quiſe fioient à ſa protection,& de veiller à leur füͤreté, en continuant fonſéjour dans leur Quartier. Quelque explication qu'on puiſſe donner à cet-te promeſſe, la füite des évènemens ne permet pas de douter qu'elle nefüt ſincére,& qu*Herrera ne ſe ſoit trompé, lorſque, faiſant ſortir Em-pereur, ſuivi de toute ſa Cour, ün accompagner fort loin le Général,
2. 3— in
CU I., I 1v. I. 365
FERNAND
202 O.
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Motezumaoffre une Ar-mée à Cortez.
Cortez vaau-devant deNarvaez,&laiſſe une par-rie de ſesgens à Mexi-co.
II s'aſſuretions de l'Em-Pereur.