oU DE LA NoUVELLE ESPAGNE, LIv. I. 5
Gardes. Ces ſoins& ces adorations duroient juſqu'au jour de la Féte.On le facrifioit alors, dans une Aſſfemblée générale des deux parties de la
UNE autre bifarrerie de la Religion de leurs Ancétres, qui ne paroiſſoĩtpoint abolie depuis long-tems, étoit d'enterrer avec chaque Pêre de Fa-mille, non- ſeulement ſes Eſclaves, mais ſon Préêtre,& tous ceux qu'ilavoit entretenus dans ſa maiſon en qualité de Domeſtiques. Oexmelin ra-
conte qu'un Portugais, devenu'Eſclave de ces Barbares, après avoir per-d
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mun œil dans le combat, eut le malheur de ſfurvivre à ſon Mattre,&d'étre nommé pour'accompagner au tombeau. II touchoit au momentd'étre égorgé, lorſqu'il lui vint à'eſprft de repréſenter que le Mort ſeroitpeu conſidéré dans autre Monde, s'il y paroiſſoit avec un Borgne à ſa ſur-te. Les Indiens goutérent cette raiſon,& firent choix d'une autre Victime.Un de leurs uſages, qui n'eſt pas moins ſingulier, eſt celui qui regarde lesFemmes veuves. Apreés avoir enterré leurs Maris,& leur avoir porté,ſur la foſſe, à boire& à manger, pendant quinze Lunes, elles ſont ob-gées à la fin de ce terme, d'exhumer leurs os, de les laver ſoigneuſement,X de les lier enſemble, pour les porter ſur leur dos aufſi long-tems qu'ilsont été en terre. Enſuite elles les placent au ſommet de leur cabane, ſi el-les en ont une, ou ſur celle de leur plus proche Parent. Elles n'ont la li-berté de prendre un autre Mari, qu'apréès s'étre acquittées de ce devoir(p).:Tous ces Indiens ont ſi peu de goòũt pour ce que nous appellons les Richef-ſes, que ceux qui accompagnèrent les Avanturiers au pillage de Panama,leur apportoient l'or& Fargent qu'ils pouvoient découvrir,& refuſoientméme de prendre des habits& des Stoffes, par la ſeule raiſon qu'ils n'enavoient pas beſoin dans leur Pays, où lair ne leur paroiſſoit point in-commode. IIs ne recherchent que ce qui eſt abſolument néceſfaire à laDu côté de la Mer du Sud, Waffer raconte qu'étant parti de Panama le10 de Mai 1678, pour ſe rendre à Nicoya, il fut obligé de jetter l'ancre àyembouchure d'une Rivière qu'il nomme Manglares, dans la Province deVeragua,& qui deſcend de Chiriqui, haute Montagne, fameuſe par esMines d'or. Hy prit des proviſions, qui s'y trouvent en abondance, tel-les que des Veaux, des Porcs, de la Volaille, du Maiz& des Fruits. Enremettant à la voile, il fut battu d'une tempête, qui ne l'empécha pointd'arriver à la Pointe du Cap de Borica, où- le calme le retint vingt· deuxjours. Avec un meilleur tems, il n'auroit eu beſoin que de quatre jourspour arriver à la Caldera; mais ayant été forcé de retourner à Pembouchu-re du Fleuve de Chiriqui, il revint par la Pointe de Borica juſqu'à la vuede VIſſe del Canno, ou du Chien, d'où ſes Matelots l'aſſurerent qu'il ne reſtoitque deux jours juſqu'à la Caldera. Cependant un nouvel orage l'ayant re-pouſſé encore à Chiriqui, il revint, pour la troiſiéme fois, vers Borica,apres avoir déja compté 81 jours dans une navigation qui n'en prend pasOT-
9 id. page 242.
p) Oexmelin, ubi fuprôh, page 240&
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DE LA Nov-
vELLE. EspA-GCNE.