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Tome dix-huitième.
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542
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DescaIFrIoN;

DE LA Novu-

vELLE EsràA-GNE.

Origine queles Hiſtoriensdonnent auxPeuples de laNouvelleEſpagne.

542 DESCRIPTION DUMEXIQAUE,

celles qui environnent la vallée du Lac. Il y mit au monde un grand nom

bre d Enfans, qui näquirent tous muets,& qui regurent un jour la facultéde parler, d'une Colombe qui vint ſe percher ſur un arbre fort haut. MaisFun mwentendant point le langage de F'autre, ils prirent le parti de ſe ſépa-rer. Quinze Chefs de famille, qui eurent le bonheur de parler la mêmelangue, s'unirent pour aller chercher une nouvelle Habitation. Apreés avoirerré pendant'eſpace de cent quatre ans, ils arrivérent dans un ſieu qu'ilsnommérent Aztlan;& de-la, continuant leur Voyage, ils vinrent d'abordà Chiapultepeque, enſuite, à Culhuacan,& pour terme, au bord du Lacoù ils fondêrent une Ville qui eſt aujourd'hui Mexico. On trouve dansCarreri la copie d'un ancien Tableau du Pays, qui contient leur route, avecles hieroglyphiques qui marquent les noms des lieux,& d'autres ſingulari-tés(a), dont chacune porte ſon explication. L'objet de PFAuteur Mexi-quain étoit de faire voir que ſa Nation étoit auſſi ancienne que le Déluge,& que la Ville de Mexico avoit eu ſon origine dans'année que ſes Habi-tans nommoient OQmeccagli, qui répond à Pan 1325 de la Création du Mon-de. Mais cette Chronologie ne peut être exacte, puiſqu'elle met ſi peud'années entre le Déluge& la fondation de leur Ville.

IL. parott évident à tous les Hiſtoriens Eſpagnols(b/), que les premiersHabitans de la Nouvelle Eſpagne ont été des Sauvages, qui habitoient derudes Montagnes, ſans cultiver la terre, ſans Religion& ſans Gouverne-ment, ſe nourriſſfant de leur chaſſe& de racines, d'où leur font venus lesnoms d'Otomies& de Chichimeques,& dormant dans des grottes ou des buiſ-ſons. Les Femmes s'occupoient des mémes exercices,& laiſſoient leursEnfans attachés à des arbres. On trouve encore aujourd'hui, dans le Nou-veau Mexique, des Hommes de cette race, qui ſe prétendent deſcendus deCoxcox& de Chichequetzal,& qui ſont reſtés dans un Pays ſtérile& mon-tueux, ſans penſer à chercher des habitations plus douces. IIs vivent auffides Animaux qu’'ils tuent dans leurs chaſſes,& ne s'aſſemblent que pourvoler& tuer les Voyageurs. Les Eſpagnols n'ont pu les fubjuguer, dansFépaiſſeur des Bois qui leur ſervent de retraite.

Ox donne le nom de Navatlaques, pour les diſtinguer des Chichimeques, àcette race d'Hommes plus polis& plus ſociables, qu'on fait deſcendre deſept des quinze Chefs qui ſe déterminêrent à chercher de meilleures terres.IlIs vinrent, fuivant les mêmes Hiſtoriens, d'un Pays éloigné vers le Nord,qu'on prend pour celui qui porte aujourd'hui le nom d'ztlan, ou Teukul,dans le Nouveau Mexique. Quelques-uns les font ſortir de cette Contréeen 820,& les font errer'eſpace de quatre-vingts ans, avant que d'arriverà Mexico, ouù ils s'arrétérent en 900. Mais ces ſuppoſitions s'accordent malavec le Tableau& les Hiſtoires Mexiquaines. La raiſon, qui les obligeoitde s'arréter par intervalles, étoit leur ſoumiſſion pour une de leurs Idoles,

qui

(2) Carreri obtint cette copie à Mexico, rent; les cercles, le nombre d'années qu'ilsde Dom Charles de Siguenza, qui conſer- y paſſèrent.voit précieuſement le. Tableau. La ligne(b) Herrera, Décad. 3. Liv. 2. Gomara,warque le chemin des Fondateurs, les figu. Liv, 2, Acoſta, Liv. 6& 7.res voifines ſont les lieux oùð ils s'arréte.