OU DE LA NOUVELLE; ESPAGNE, Lrv. II.
Aussr-Tôr que les Captifs étoient arrivés à amon les faiſoit monter, lun après''autre, parmains libres.
un petit eſcalier, nus& les
On étendoit fucceſſivement chaque Victime fur' une pierre.Le Prétre de la gorge lui mettoit le collier;par les piés& les mains.eſtomac;& lui ouvraut le ſein,qu'il préſentoit au Soleil, pour lui offrir la premiereloit: après quoi ſe tournant vers PIdole, qu'il avoit
& les quatre autres la tenoient
Alors le Topilzin appuyoit le bras gauche ſur ſonde la main droite, il en arrachoit le cœur,
vapeur qui s'en exha-quittée pendant l'ope-
ration, il lui en frottoit la face, avec quelques invocations myſterieuſes.
Les autres Prétres jettoient le corps,
toucher autrement qu'avec les piés;&étoit précipité dans un inſtant.voient le même traitement juſqpris,& qui les avoient livrés aux Prétres,diſtribuer entre leurs Amis,
qui les mangeoient ſolemnellement.
du haut en bas de Peſcalier,
ſans yles dégrés étoient ſi roides, qu’il
Tous les Captifs deſtinés au Sacrifice réce-u'au dernier.
Enſuite, ceux qui les avoientenlevoient les corps, pour lesDans
toutes les Provinces de Empire, ce cruel uſage étoit exercé avec la meme
ardeur.
tes des Dieux à l'Empereur,& lui repréſentoit qu'ils mouroient de
On voyoit des Fêtes, où
le nombrée des Victimes étoit de cinqmille, raſſemblées ſoigneuſement pour un ii grand jour.Sacrifices à Mexico, qui coutoient la viel'on mettoit trop d'intervalle entre les Guerres, le Topilzin portoit)
Il ſe faiſoit desà plus de vingt mille Caprtifs. Siles plain-
faim.
Auſſi-tòôt on donnoit avis à tous les Caciques, que les Dieux demandoient
à manger.texte, les Peuples de chaque P
Toute la Nation prenoit les armes;& ſous quelque vain pré-rovince commengoient à faire des incurfions
ſur leurs voiſins. Cependant quelques Hiſtoriens prétendent que la plü-
part des Mexiquains étoient las de cette barbarietémoigner leur dégoüt,
dans la crainte d'offenſer
„& que s'’ils n'oſoientlés Prêtres, rien
ne leur donna plus de diſpoſition à recevoir les principes du Chriſtianif-
me(v).
Ir y avoit d'autres Sacrifices, qui ne ſe& qui ſe nommoient Racaxipe Velitzl,
c'eſt- à-dire, Ecorchemem
faiſoient qu'à certaines Fétes,q Hommeg.
On prenoit pluſieurs Captifs, que les Prétres écorchoient réellement;&de leur peau ils revetoient autant de Miniſtres ſubalternes, qui ſe diſtri-buoient dans tous les quartiers de la Ville, en chantant& danſant à la por-
(5) Herrera, Décade 3. Chap. 16. Acoſta,
Liv. 5. Chap. 20.& 22. Sur ce propos, ditAcoſta dans le vieux ſtyle de ſon Traduc-teur,„un Religieux grave en la Neuve Eſ-
22
222)
2₰
pagne, me contoit que quand il fut en ceRoyaume, il avoit demandé à un vieil In-dien, Homme de qualité, comment lesIndiens avoient regu la Loi de jeſus-Chriſt& laiſſé la leur, ſans faire davantage depreuve, d'eſfai ni diſpute ſur icelle, caril ſembloit qu'ils s'étoient changés ſans yavoir été eſmeus par raiſon ſuffiſante. L'In-dien répondit, ne croi point, Pêre, quenous prenions ſi inconſidérément cette Loi
te
comme tu dis, parce que je t'apprens quenous étions déja mécontens des choſes queles Idoles nous commandoient;& quenous avions déja parlé de les laiſſer&prendre une autre Loi. Et comme noustrouvàmes que celle que vous prêchiezn'avoit point de cruautés,& qu'elle nousetoit convenable, juſte& bonne, nous en-tendimes& crümes que c'ctoit la vraieLoi,& ainſi la reçames fort volontaire-ment’“. Ibidem. Le même Ecrivain ob-
2ſerve qu'après tout les Mexiquains étoient
moins cruels que les Peruviens,
qui ſacri-
fioient leurs propres Enfans. Ibid.
Bbb b 3
565phithédtre des Sacrifices,
DeschrrIoR-
DE LA Nov.
VELLE EspA-GNE.
Autres Sa-crifices.
Ecorche-ment d Hom-mes.