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Tome dix-huitième.
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DEscRhIETION

DE LA Nôu-

vELLE Espi-GCNE.

Educationdes Garçons.

3578 DESCRIPTION DU MEXID2UE,

A peine les Garçons étoient nés, qu'on appelloit un Prêtre pour leur fai-re, aux oreilles& aux parties viriles, une petite inciſion de laquelle ildevoit couler quelques gouttes de ſfang(e). Apres les avoir lavés lui-méeme, le Prêtre mettoit à ceux des Nobles& des Guerriers une petiteépée dans la main droite,& un petit bouclier dans la gauche. Aux En-fans du commun, il mettoit les outils de la profeſſion de leur Père(†).Toutes les Filles recevoient des inſtrumens pour filer, pour coudre&pour d'autres occupations de leur ſexe. C'étoit la Meéere qui devoit lesnourrir de ſon lait. Mais ſi quelque accident la forgoit d'employer uneNourrice, elle faiſoit tomber fur ſon ongle quelques gouttes du lait étran-ger;& ſi ſon épaiſſeur l'empéechoit de couler, la Nourrice étoit regue ſansobjection. Une Femme, qui nourriſſoit un Enfant, devoit toljours man-ger des mêmes viandes juſqu'à ce qu'il fat ſevré;& ce tems étoit de qua-tre années entières, pendant leſquelles Herrera fait admirer l'amour ma-ternel, qui faiſoit éviter aux Femmes toute ſorte de commerce avec leurs-Maris, dans la crainte d'une nouvelle groſſeſſe(g). II ajoute que celles,qui devenoient veuves dans cet intervalle, n'avoient pas la liberté de ſeremarier. Tous les Enfans étoient ſoigneuſement recommandés à la pro-tection des Dieux. On faiſoit des offrandes, des vœux& des facrifices,pour leur fortune& leur ſfanté. On leur mettoit au cou des billets&d'autres amuletes, qui contenoient des figures d'Idoles& des caracteresmyſtérieux.

CHacucz Temple avoit une Ecole, où les jeunes Gargons du Quartieralloient recevoir les inſtructions des Prétres. On leur apprenoit, non-ſeu-lement la Religion& les Loix, mais tous les exercices qui pouyoient êtreutiles à la Nation, tels que la danſe, le chant, l'art de tirer des fléches,de lancer le dard& la zagale, de ſe ſervir de'épée& du bouclier,&c.On les faiſoit coucher ſouvent ſfur la dure, manger peu,& ſe remuer beau-coup. Il y avoit un Séminaire particulier pour les Enfans nobles, où leurnourriture éroit portée de leur Maiſon. IIs y étoient inſtruits& gouver-nés par d'anciens Chevaliers, qui les élevoient dans les plus rudes travaux,& qui joignoient à leurs legons de grands exemples de toutes les vertus.On les envoyoit, dés leur premiêre jeuneſſe, au milieu des Armées, poury porter des vivres aux Soſdats. Ce prétexte, qui leur donnoit occaſionde prendre quelque idée des exercices& des périls militaires, ſervoit auſſià falre connottre leur vigueur, leur courage& leurs inclinations. IIstrouvoient fonvent, dans ces eſſais, le moyen de ſe diſtinguer par desactions d'éclat;& celui qui étoit parti ſous un vil fardeau, revenoit quel-quefois avec le titre de Capitaine. Apreés le cours des inſtructions, ceuxqui marquoient du penchant pour le ſervice du Temple, entroient dans leMonaſtéère de leur ſexe;& s'ils ſe deſtinoient au Sacerdoce, ils avoient desMaqitres particuliers, qui leur apprenoient les ſecrets& les cérémonies de

la

(e) Acoſta s'obſtine toujours à faire ve- que le lavement ſoit une eſpèce de Baptémesnir ces uſages de la Religion des Juifs, ou Liv. 4. Chap. 27.de celle des Maures, ou du Chriſtianiſme.(†) Herrera, Déc. 3. Liv. 2. Chap. 17.U trouve ici la circonciſion, comme il veut(&) Lidem, Liv. 4. Chap. 16.