de Scœurs étoient les ſeuls défendus.
OU DE LA NOUVELLE ESPAGNE, LIv. II. 529
la Religion. Mais lorſqu'ils s'étoient conſacrés à cette profeſſion, ils de-
voient y perſeverer juſqu'à la vieilleſſe(5).
LEs Filles n'étoient pas élevées avec moins d'honneur& de retenue.Des l'àge de quatre ans, on les formoit, dans la ſolitude, aux travaux deleur ſexe, à la pratique de la vertu;& la plúpart ne ſortoient point de lamaiſon de leur Pêre juſqu'au tems du mariage. On les menoit rarementaux Temples. Ce n'étoit que pour accomplir les vœux de leurs Mères, oupour implorer le ſecours des Dieux dans leurs maladies. Elles y étoientaccompagnées de pluſieurs vieilles Femmes, qui ne leur permettoient poĩintde lever les yegux, ni d'ouvrir la bouche. Jamais les jeunes Filles& lesGargons ne mangeoient enſemble, avant que de ſe marier. Les Seigneursobſervoient cette loi juſqu'au ſcrupule. Leurs maiſons étant fort grandes,ils y avoient des jardins& des vergers, où l'appartement des Femmes étoitſéparé des autres édifices. Celles, qui faiſoient un pas hors de leur en-ceinte, étoient chätiées ſéverement. Dans leurs promenades mêmes, el-les ne devoient jamais hauſſer les yeux, ni tourner la téte en arriére. El-les étoient punies, lorſqu'elles quittoient le travail ſans permiſſion. Onleur faiſoit regarder le menſonge comme un ſi grand vice, que pour unefaute de cette nature on leur fendoit un peu la levre(i).
L'AGCE de ſe marier, pour les Hommes, étoit vingt ans;& quinze,pour les jeunes Filles. Cette cérémonie ſe faiſoit par le miniſtère d'unPrétre, qui prenoit les deux Parties par les mains, en leur demandant quel-le étoit leur intention? Sur la réponſe du jeune Homme, il prenoit le bordde la robbe dont il devoit être revêtu pour la Féte,& le bout d'un voileque la jeune Fille portoit auſſi dans cette occaſion, il lioit l'un à l'autre;& conduiſant les Mariés à la maiſon qu'ils devoient habiter, il les faiſoittourner ſept fois autour d'un fourneau(¾). Rien ne manquoit alors à leur
union: mais ils devoient avoir obtenu la permifſion de leurs Pêres& celle-
du Capitaine de leur Quartier. Si leurs Pèêres étoient pauvres, ils s'enga-geoient, en les quittant, à leur faire part du bien qu'ils pourroient ac-querir; comme les Péres, qui gtoient riches, joignoient au bien, qu'ilsleur donnoient, la promeſſe de ne les jamais laiſſer tomber dans la miſère.Un Homme avoit la liberté de prendre pluſieurs Femmes;& quoique laplüpart n'en euſſent qu'une, on ne s'étonnoit point d'en voir quelques-unsqui n'en avoient pas moins de cent cinquante(1). Les dégrés de Mêere&On n'a point connu dIndiens plusdẽélicats ſur la virginite. Une Femme ſuſpecte eétoit renvoyée à ſes Parens,
ledes Concubines, ceux qui deſiroient uneFille à ce titre la demandoient au Père, ſousprétexte d'avoir des Enfans. Lorfqu'il ennaiſſoit un Fils, le Pèêre prioit l'-Homme d'é-pouſer ſa Fille, ou l'obligeoit de la lui ren-
(b) Herrera, ibid. Liv. 2. Chap. 15.
(i) Iidem, pages 188& 365.
(*¼) Un Hiſtorien ajoute qu'il y avoit destems oQ le Mariage étoit prohibé; qu'il ſefaiſoit par Fentremiſe de quelques vieilles
Femmes; que les Pêres ne devoient jamaisy conſentir tout d'un coup; que pendant lanégociation, les deux jeunes gens obſer-voient un jeüne de quatre jours,& de vingtdans quelques endroits; qu'on les tenoit en-kermés juſqu'à la concluſion,&c. A'égard
voyer;& ſi l'-Homme prenoit le ſecond deces deux partis, il ne pouvoit plus avoir decommerce avec elle. Herrera, Dec. 2. Liv. 4.Chap. 16.
(1) Gomara, Liv. 2. Chap. 83.
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DEscRIPTroNDE LA Nov-VELLE EspA-GNE.Educationdes Filles.
Mariages,