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Tome dix-huitième.
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OU DE LA NOUVELLE ESPAGNE, Lrv. II. 597

déſigner par aucun nom. Ils admettoient des récompenſes& des peines,dans une autre vie; des Eſprits, qui parcouroient Pair; neuf Cieux,leur demeure& pour celle des Hommes vertueux après leur mort. IIscroyoient la Terre plate;& n'ayant aucune idée de la révolution des Corpscéleſtes, ils étoient perſuadés que le Soleil& la Lune dormoient tous lesjours, à la fin de leur courſe. C'étoit pour eux, le Roi& la Reine desEtoiles. IIs regardoient le feu comme le Dieu de la Vieilleſſe, parce qu’iln'y a point de corps qu'il ne conſume. Le Monde étoit éternel, dans leursidées; mais ils croyoient, ſur d'anciennes traditions, qu'il avoit changẽdeux fois de forme; l'une, par un déluge,& P'autre par la force du vent&des tempêtes. Quelques Hommes, qui s'étoient mis à couvert dans les Mon-tagnes, y avoient été couvertis en Singes; mais par dégrés, ils avoient re-pris la figure humaine, la parole& la raiſon. La Terre devoit finir par lefeu,& demeurer réduite en cendres, juſqu'à de nouvelles révolutions qu'ilsfaiſoient profeſſion d'ignorer(*).

DaNs le Pays des Wcatlans, on éliſoit un ſouverain Pontife, qui ne 1toĩt jamais du principal Temple,& qui ne devoit approcher d'aucu nme. S'il violoit l'une ou l'autre de ces deux loix, il étoit mis en piéces;&ſes membres ſanglans étoient préſentés tous les jours à ſon Succeſſeur, pourlui ſervir d'exemple. Un Xzcatlan, qui penſoit au mariage, étoit obligéde s'adreſſer aux Prétres. IIs choiſiſſoient un jour de Feté, pourmonter au ſommet du Temple; ils lui coupoient quel vſant à haute voix, cet Homme veut ſe marier; enſuite, ils le faiſoient deſ-cendre,& la premiére Femme qu'il rencontroit dans ſon chemin étoit àlui. Mais cette loi n'étant ignorée de perſonne,& l'heure de Pexécutionn'étant pas moins connue, les Femmes, qui n'avoient pas de goút pourHomme qui devoit ſe préſenter,&vitoient ſoigneuſement de paroitre. Onne voyoit, devant le Temple, que celle qui étoit convenue de s'y trouver.Ainſi la plüpart de ces Mariages n'avoient de ſingulier que la forme. Dansle Canton des Guaxliitlans, ſes Mariages ſe falfoient comme à Mexico,en nouant la robbe du Mari avec le voile de la Femme: mais ſur.'accuſa-tion d'adultere, une Femme étoit forcée de parottre devant le Cacique;&ſi les preuves étoient convainquantes, elle étoit tuée ſur le champ, pouretre coupée en piéces& mangée par les Témoins. Chez les Nipeques, l'in-fidélité d'une Femme étoit punie par les mains de ſon Mari, qui devoit luicouper publiquement le nez& les oreilles. Celui, qui ſe plaignoit d'un vol,étoit obligé d'en nommer l'auteur;& s'il prouvoit ſa vérité de l'accuſation 8il Stoit chargé de Foffice de Bourreau, pour ſexécution du chatiment; maiss'il manquoit de preuves, il étoit puni lui-meme par le miniſtére de l'Accu-ſé. Tous les Hiſtoriens obſervent que l'adultere& le vol étoient d'autantplus odieux aux Mexiquains, que leurs maiſons étant ſans portes& ſansfenétres, il n'y avoit pas d'autre frein pour ces deux crimes que l'honnée-teté naturelle& la rigueur des loix. Dans la Province de Teutitlan on avoitThorrible uſage d'écorcher toutes les Victimes humaines,& de ſe revéetirde leur peau. Dans celles d'zila& d'Atlantlaca, lorſqu'on manquoit

d'Eſcla-

elques ches euxX, éen di-

(⁷) Herrera, Dec. 2. Chap. 16.& ſuivans.Ffff 3

DrschIPTIONDE LA Nov-vELI FEsp;A

Guaxloti-tlans.

Nzipeques.

Teutitlans.