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Tome dix-huitième.
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DrscarrrIoN

DE LA Nov-

vEILLE EsPAGNE.

595 DESCRIETILON DU MEXIQUE,

lieux où Pafſiſtance paroiſſoit néceſſaire ou plus preſſante. S'ils avoient lemoindre avantage, ils pouſſoient les cris du triomphe, en invoquant lesDieux de la Patrie,& faiſant des Priſonniers qu’'ils promettoient de ſacri-fier dans leurs Temples. IIs employoient les embuſcades, les ſurpriſes&tous les ſtratagemes que nous admirons dans nos plus fameux GuerriersLeurs tambours& leurs autres inſtrumens de Guerre étoient redoutables parle bruit. Leurs premières Armes avoient été des fléches; mais ils avoientenſuite invehté les frondes& les dards brülés par le bout. IIs y avoientjoint des zagaies, de cinq ou ſix piés de long, qu'ils tiroient avec une cou-roie en forme d'arc,& dont la pointe étoit d'os de poiſſon, de cuivre oude caillou. On leur attribuoit'invention des Macanas ou maſſues de bois,& des épées garnies de cailloux aigus ou tranchans. IIs prirent auſſi desboucliers;& par degrés ils employerent des foſſés, des caves& des tran-chées pour leur defenſe. IIs favoient diſtinguer les ſituations fortes;ils mettoient autour d'eux des pointes aigües, qu'ils couvroient de ter-re, peur tromper ceux qui les attaquoient. Ils empoiſonnoient les Ri-vières& les Fontaines. Mais, ce qui parott étrange, un Peuple quine pouvoit ſouffrir la nudité dans ſes murs, combattoit nu,& le corpspeint des plus biſarres couleurs. La ſeule Nobleſſe portoit une cuiraſſe decoton piqué, relevée par des figures d'Animaux farouches, avec une ſortede caſque, où les plumes& les plus précieux joyaux formoient un brillantſpectacle.

LEs Tlaſcalans avoient des Jardins, des Fontaines, des Bains, des Co-mediens, des Nains,& des Boſſus. IIs aimoient la Muſique, les Danſes& les Chanſons. Le jeu du Tlatchtli, ou de la Pelote, étoit un exercicecommun dans la Nation; mais il étoit réſervé à la Nobleſſe,& le Peuplen'en avoit que le ſpectacle. Quoiqu'il y eſt des Temples dans les Villesde la République, les plus célêbres étoient dans les Bois& les hautes Mon-tagnes. La Religion des Tlaſcalans étoit moins ſenſée que leur Politique.Avec une prodigieuſe variété de Dieux, ils avoient quantité de Déeſſes,dont la principale étoit celle de l'Amour, à laquelle ils attribuoient auſſiPempire des Vents. IIs la croyoient ſervie par d'autres Femmes, qu'ilsaſſocioient à ſon Culte, par des Bouffons& des Nains, qui s'employoientà ſon amuſement dans une délicieuſe demeure,& qui lui ſervoient deMeſſagers pour avertir les Dieux dont elle deſiroit la compagnie. SonTempſe étoit ſomptueux,& ſa Fête y étoit célebrée tous les ans, avecune pompe qui attiroit toute la Nation. Les Vices avoient leurs Divinitéscomme les Vertus; le Courage& la Poltronerie,'Avarice& la Liberalitéétoient honorés ſous de biſarres figures. On gravoit leurs noms ſur lesRochers;& ces Monumens d'une aveugle Idolâtrie ſubſiſtent encore.Le Dieu des Eaux& du Tonnerre portoit le nom de Holoc. Dans unPays chaud, où de longues ſéchereſſes faiſoient le malheur public, c'etoità cette Idole qu'on rendoit les principales adorations. La pluie tenoit lieud'or aux Tlaſcalans; parce qu'en rendant leurs terres fécondes, elle leurprocuroit les ſeules richeſſes à l'amas deſquelles ils croyoient For utile.Pour le fond des principes, toutes les extravagances de leur Polytheiſmee les empéchoient pas de reconnottre un Dieu ſupérieur, mais ſans ledé-