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Tome dix-huitième.
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OU DE LA NOUVELLE ESPAGNE, Lrv. II. 603

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ations, qui s'étoient déclarées pour nous, cherchèrent à ſecouer le joug.autorité Royale étant mal ſoutenue par les Auteurs du déſordre, tous ces

Peuples, que nous regardions comme des Eſclaves fort ſoumis, conſpirè-

at notre perte. Juſqu'à préſent la hardieſſe& les forces leur ont man-

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qué; mais je ſuis fůr qu'avec quelques Troupes bien diſciplinées, qu'onferoit entrer dans le Pays, ſur-tout par Coſta-ricca, où ſont les Indiens quenous nommons Bravos, ou Indios de Guerra,& du còôté de Guatimala, enſuivant la Côte de l'une ou de l'autre Mer, on exciteroit tout d'un coup àla révolte, non-ſeulement les anciens Naturels, les Eſclaves Négres& lesMetices, mais une partie méême des Créoles. II ſuffiroit de leur fournirdes armes, de la poudre, du plomb,& de les traiter avec aſſez de douceur&de déſintéreſſement pour leur êter la prévention dans laquelle ils ſont tousaujourd'hui, que les Européens n'en veulent qu'à leurs richeſſes. Limpa-tience de voir finir leur eſclavage eſt devenue ſi vive, que tous les jours onen voit paſſer un grand nombre dans l'intérieur des Terres& dans des Mon-tagnes inacceſſibles, d'où ils ne ſortent plus que pour maſſacrer les Voya-geurs Eſpagnols().

IE n' ai pas dit ſans raiſon que Pautorité Royale eſt comme anéantie, parvinſatiable avidité de ceux qui ſont établis pour la ſoutenir. Dans'éloigne-ment où les Officiers Royaux ſe voient du Prince, ils ne conſultent queleur intérêét pour l'interprétation des Loix. Les Vicerois ſont d' intelligen-ce avec les Miniſtres ſubalternes. IIs épuiſent les Indiens par leurs exac-tions; ils vendent la Juſtice; ils ferment les yeux& les oreilles à tous lesdroits. On voit de toutes parts une infinité de Miſerables, que'indigen-ce réduit au déſeſpoir,& qui font rétentir inutilement leurs plaintes.L'ignorance va de pair avec Tinjuſtice& la cruauté.„ JP'ai vu porter,dans le méme Tribunal& preſqu'à la meme heure, une même Senten-„Ceé ſur deux cas directement oppoſés. En vain s'efforga-t'on d'en fai-re comprendre la différence aux Juges. Cependant le Chef, ſortant„ enfin des ténébres, ſe leva ſur ſon fiége, retrouſſa ſa mouſtache,&„ jura par la Sainte Vierge& par tous les Saints, que les Lutherions„ Anglois lui avoient enlevé parmi ſes Livres ceux du Pape Juſtinien,dont il ſe ſervoit pour juger les cauſes équivoques; mais que ſi cesChiens reparoiſſoient dans la Nouvelle Eſpagne, il les feroit brüler„ tous(†)“.

D'uNE fi mauvaiſe adminiſtration, il réſulte que les Places importantesſont mal munies, preſque ſans Soldats, ſans Armes& ſans Magaſins. LesTroupes n'ont point de paie règlée. Leur reſſource eſt de piller les In-diens. Jamais on ne les forme à Pexercice des armes. A peine ſont-el-les vétues. Aufſi les prendroit-on moins pour des Soldats, que pourdes Mandians ou des Voleurs. Les Fortifications ſont abſolument négli-gées, parce que la Nouvelle Eſpagne n'a point d'Ingenieurs. Elle n'eſtpas mieux fournie d'Artiſans pour les Ouvrages militaires,& pour les be-ſoins les plus communs. On n'y trouve perſonne qui ſache faire un boninſtrument de Chirurgie. La fabrique de ceux qui regardent les Mathé-

matl-

() Ibidem, Part. 1. Chap. 10.(F) Wid.

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DescarrIo-

DE LA Nov.

VEILLE EsrA-GCNE.