OU DELANOUVELLE ESPAGNE, LIrv. II. 617
nomme'Anr bre de Cacao, dans une de gouſſe oùð il ſe trouve quelque-fois trente ou quarante amandes. Q loique le Cacao, comme tousles autres Simples, participe des quatre Elémens, l'opinion la plus regueeſt qu il eſt froid& ſec, comme l'Elément de la terre,& par conſéquentde qualité aſtringente: mais comme il participe auſſi des autres Elémens,la des parties onctueuſes,&'on en tire une eſpéèce de beurre, dont j'aivu que ſes Femmes des Créoles ſe frottoient le viſage, pour ſe rendre leteint plus uni. On n'en doit pas être furpris, ſi l'ön conſidére qu'en le21
changeant en breuvage, à peine eſt-il remué du ilsen éléve une écume
Pr
vaſſe. D’ai illeurs, il y entre tant d'autres mélanges, qui ſontment chauds, qu'il doit avoir néceſſairement la faculté d'attenu
vrir, plutôt que celle de reſſerrer.
AJobrEz que s'il n'eſt ni moulu, ni remué, ni compoſé, comme il eſt
dans le Chocolat, mais ſeulement mangé dans le fruit, ſuivant l'uſage desemmes, Indiennes& Créoles, il cauſe des ol ſtructic ons, qui rendent leeint fort pàle; gbi. kon peut conclure que ne produiſant point le même
lorſqu'il eſt préparé, il doit u partie de ſes vertus au mêlange dontnains ont Pancien uſ- age. 1 re qui le porte, eſt ſi tendre,&erroir dans ha;8 l on lui fait prendre e naiſſance eſt ordinairement ſichaud,pour le garantir des ardeurs 88 Soleil, on y plante d'autres arbres, quis appellent Meres rau Cacao. On attend méme, pour ſemer les Cacaotiers,
que ces autres arbres ſoient d'une hauteur dont ils puif ſſent rece 85 de r'om-brage. Le fruit ne vient pas nu. II eſt enveloppé, comme on l'a dit, dansune grande gouſſe;& chaque aman de eſt revêtue d'une peau blanche, plei-ne de jus, que les Femmes ſucent avec délices, parcequ 2il fond dans Ja bou-che avec une charmante fralcheur. On diſtingue deux ſortes de Cacao:un, qui eſt le commun, d'un rouge obſcur, rond& piquoté par le bout;Pau tre; plus l arge, plus g gros, plus plat, qui ſe nomme Patlaxe. Le der-nier eſt plus blanc(e)& plus defſic xatif que l'autre. Cette raiſon le rendins cher, ſans compter qu il eſt plus contraire que l'autre au ſommeil.
meſt-il gueres en uſage que pour le Peuple.LEs Mexiquains ſont partages, ſur les autres iC
L qui doivent en-trer dans la compoſition du Chocolat. Quelque mettent du poivrenoir, que Pautres n'approuvent point, parce qu'il eſt chaud& ſec, ouqu'i eils ne donnent qu'’à ceux qui ont beſoin de 888 durs pour la chaleur natu-relle. Au lieu de ce poivre, ils y mettent hlaſ aire ment du poivre roug& long, qu'on nomme Chile ou Piment, dans lequel ils croient avoir recon-nu des qualités froides& humi de 6 aüoiqua ait une vive chaleur dans labouche. IIs y font entrer aufſi du ſucre blanc, dela canelle e, du girofle, deFanis, des amandes communes, des noi Settes, de'Orejevala, de la vanil-15. du 1sp al, de'eau de fleurs d'Orange, du muſec,& ce qu il f. aut d'A-donner la couleur d'une brique rouge. Mais 8 doſe de cesg t proportionnée au temperament de ceux qui doivent 8r uſer.Ceſt ordinairement une centaine de noix de cacao, déux gouſſes de chile
ou
y
an
4
'il my a point de cacao blanc, contre le témoignage
ampier.
DEeschmTrIo-
DE
VELLE
LA NouvEsPA-CNE.