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Tome dix-huitième.
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Dezschürionh

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618 DESCRIETIONIDU MEXI2ŨE,

ou de piment, une- poignée d'anis& d'Orejevala,& deux de fleurs de va-nille, qu'ils appellent Mechaſuchil. D'autres préférent ſix roſes en poudre,deux dragmes de canelle, une douzaine d'amandes communes& autant denoiſettes, du ſucre blanc,& la quantité d'Achiote qui ſuffit pour la couleur.Les plus ſages n'y joignent point de girofle, ni de muſc, ni d'aucune eauparfumée: mais cette ſageſſe n'eſt pas le partage du plus grand nombre.D'autres y mettent du maiz, qui eſt venteux. La canelle paſſe pour lemeilleur de tous les ingrédiens, parce qu'elle eſt ſeche& chaude, qu' elleprovoque l'urine,& qu'elle ſoulage les reins, dans les indiſpoſitions froides.Elle paſſe auſſi pour cordiale& pour amie des yeux.

Ox ſuppoſe à l'Achiote, des qualités inciſives& attenuantes, qui le fontordonner tous les jours, par les Médecins Indiens, pour les humeurs craſ-ſes& groſſiéres,& pour toutes ſortés d'obſtructions ou d'opilations. A'égard du Chile ou poivre long, ils en diſtinguent quatre fortes;'un, qu'ilsappellent Chilchote; le ſecond, plus petit, nommé Chiſterpin; ces deux eſpêé-ces ſont fort piquantes; le troiſiéme, qui ſe nomme Tonalchiles, eſt médio-crement chaud,& les Indiens le mangent avec leur pain de maiz, commed'autres fruits. Enfin le quatriéme, qu'on employe dans le chocolat,& qu'onappelle Chi pelague, a la gouſſe fort large,& n'eſt, ni ſi doux que le troiſiè-me, ni ſi piquant que le premier.

CHAcuN confulte aujourd'hui ſon goũt& ſon tempérament, pour faireentrer plus ou moins de tous ces ingrédiens dans la compoſition(†); maisles Indiens n'y mettent encore que du cacao, de Tachiote, du maiz, avecun peu de chile& d'anis. IIs broient le cacao& tout le reſte, ſur une lar-ge pierre, qu'ils appellent Meratl,& qui ne ſert point à d' autre uſage. Mais,avant cette opération, ils font ſécher tout ſur le feu, à Pexception de l'A-chiote, en remuant inceſſamment leur matière, dans la crainte qu'elle ne ſebrüle ou ne ſe noirciſſe: car, trop deſſechée, elle devient amere& perd ſaforce. La canelle, le poivre long,& Panis ſont broyés à part, avant qu'onles mêle avec le cacao. Enſuite on recommence à piler tout enſemble, avecun ſoin extréme de le réduire en poudre très fine. L'Achiote y eſt mis parintervalles, broié auſſi, mais ſans avoir été ſeché, afin que la matière enprenne plus aiſément la couleur. IIs la mettent alors dans un vaiſſeau deterre, pour la braſſer avec une juſte quantité d'eau, ſur un fort petit feu;& cette ſeconde opération ſe fait avec une eſpéce de cuilliere. Lorſquetout eſt bien incorporé, ce qu'ils connoiſſent à la qualité de la pâte, qui

devient

(f†) On croit devparation des E

i la pré. ſervent;& lorſfqPays. IIs pren- ils rapent ces rouleaux comme nous raponsles font rõtir la muſcade. Enſuite ils font chauffer de l'eauF percée, comme on fait pour dans des vaiſſeaux de cuivre ou d'argent,&les marons en Europe. Enſuite ils ütent la la verſent bouillante dans leurs coupes depetite peau qui les enveloppe, pour les met.- porcelaine ou de cacao. Enfin ils ont un pe-tre dans un mortier ouù ils les broient juſqu'à tit morceau de biſcuit préêt, qu'ils trempentce qu'ils ſoient reduits en pàte, à laquelle dans la liqueur. On a déja remarqué queils ajoQtent deux fois autant de ſucre, avec l'uſage de la vanille eſt venu d'eux,& quedu poi& de la vanille, du muſc& de les Mexiquains ne Pavoient point avant laPambre gris. De tout ce mélange, ils font Conquète.des rouleaux ou de petits pains, qu'ils con-

ils veulent s'en ſervir,