620 DES CRIPTION DUUMEXINAWUE
I y a quelque diffegenge, dans le récit des Voyageurs, ſur une des meil-leures Plantes du Mexique, que les uns confondent avec le Maghey dePIfle Eſpagnole,& que d'autres nomment Metl, en prétendant que ſareſſemblance avec le Maghey, par un grand nombre de propriétés commu-nes, n'empéche point qu zelle nen différe eſſentiellement. Gage, qui con-noiſfoit le pays par un 1 1long ejour, ne lui donne point d'autre nom queMetl,& laiſſe douter s'il le croit connu hors de la Nouvelle Eſpagne, lorſ-qu’'il dit ſimplement qu'il crott aux environs de Mexico beaucoup mieuxqu⸗ ailleurs 9). Suivant ſa deſcription, c'eſt un excellent arbriſſeau, qu'onplante& qu'on cultive, comme les vignes en Europe. II a prés de qua-rante feuilles, différentes les unes des: autres, qui ſervent à quantité d'u-ſfages. Dans leur jeuneſſfe, on en fait des confitures, du papier, de lafilafſe, des mantes, des nattes, des ſouliers, des ceintures, des cordages,du vin, du vinaigre& de p'eau-de-vie. Elles ſont armées d'une ſorte d'é-pines, ſi fortes& ſi aigües, qu'on en fait une eſpéce de ſcie, pour ſcierdu bois. Lécorce brulée guérit les bleſſures;& la gomme, qui ſort desbranches, eſt un excellent antidote contre toute ſorte de poiſon(1). Car-reri, qui prend cet arbriſſeau pour le Maghey, en reconnoiſſant qu'il eſtſupérieur à celui de Eſpagnole, ne lui donne que la qualité de Plante,&le repréſente ſemblable à la joubarbe, mais plus haut, avec des feuilles plusgroſſes& plus ſolides. II ne dit point qu'on le cultive, mais qu'l croitdans des Hieux temperés. Apreès avoir fait à-peu-pres le même dénom-brement de ſes propriétés, il ajoüte que du fil de ſes feuilles on fait juſ-qu’à des dentelles& des ouvrages d'une extréme délicateſſe. Lorſqu'il eſtdgé de ſix ans, on ôte les feuilles du milieu, pour y faire un creux dansSn el s'aſſe mbje une liqueur, que les Indiens recueillent chaque jour au
atin,& qu'ils mettent dans pluſieurs ſortes de vaiſſeaux. Cette féconditézure un mois ent ier; aprés e la plante ſeche,& pouſſe des rejettons.Lorſqu'cl 68'eſt pas coum bée, elle ne produit qu'une tige, en forme de fe-rule, avec des fruits inutiles. La liqueur eſt auſſi douce- que le miel, lorſ-qu'elle fort de la plante. En peu de tems, elle prend la force de l'hydro-mel& devient excellente pour diverſes maladies. Les Indiens y mettentune racine, qui la fait bouillir& fermenter comme le vin. Auſſi eſt-ellecapablé d'enivrer. Elle ſe nomme Pulque ou Poulcré. On en fait une eau-de vie très forte;& ce n'eſt pas ſans raiſon qu. on nomme la Plante, vignede PAmérique. Luſage de cette liqueur étoit devenu ſi général parmi lesIndiens, depuis la Conquéte, que les droits qu'on en tiroit pour 1Eſpagnemontoient à 110000 piaſtres. IIs furent levés en 1692,& le pulque kurdeéfendu. Mais les Indiens violant ſans ceſſe un ordre rigoureux,&!Eſpagnols n'ayant pas plus de ſoumiſſion pour la loi, les droits furentrétablis& la défenſe levée en 1697, pendant le ſéjour de Carreri àMexico(m).
K 44-(*) On a remarqué qu'Herrera diſtingue le(1) Voyages de Gage, Part. 1. pag. 181.Maghey du Metl, du moins par le nom,(m) Voyages de Geweli la. Tome
& que ſfon Traducteur le donne pour l'Arrête. VI. pages 220& précedentes.
Bcuf.