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DrscRaIPTIODE LA Nov-vELILE EsFA-
E'Aguacate.
62434 DESCRIPTION DU MEXIDUE,
pas d' aller bien loin. Ils tomboient ſur la ſerviette, ou à peu de diſtance.D'un très beau rouge, qui étoit leur couleur, ils devenoient noirs, quel-ques momens apres leur mort;& lorſqu'ils étoient ſecs, ils paroiſſoientbruns& argentés. L'Auteur les réduiſit en poudre,& s'en ſervit, au lieude carmin, pour laver des Plans.
UNE autre fois il vit de petits Inſectes, de la groſſeur des plus petitesPuces, qui couroient ſur des piés d- Acacia, environnés de Raquettes. IIen fit tomber pluſteurs ſur une feuille de papier;& il les mit ſur des poiresou figues de Raquette, qui commengoient à s'ouvrir. IIs s'y nourrirent,ils y groſſirent,& ſe trouvêrent de la meme eſpece que ceux qu'il avoittrouvés la premiére fois dans le même fruit; d'où il conclud que ces petitsInſectes ne prenoient pas naiſſance dans le fruit des Raquettes, mais quedans le tems de leur ſemence ils la jettent indifféremment ſur tous les arbresouù ils ſe rencontrent,& qu’étant gclos ils ſe retirent dans les fruits des Ra-quettes, ou dans tout autre fruit dont ils peuvent tirer leur nourriture.De-là vient, ajoute’ t'il, qu'on en trouve ſur les Acajous, les Goyaves, lesCeriſiers, les Orangers& d'autres Arbres. On y fait peu d'attention,parce quw'ils ne ſont pas de ce beau rouge qui fait tout leur prix; car il eſtcertain que c'eſt le fruit, dont la Cochenille ſe nourrit, qui lui communi-que ſfa couleur. Auſſi voit-on changer celle de lInſecte, à proportionque le fruit eſt plus ou moins coloré. Lorſqu'’il atteint un certain àge&une Certaine groſfeur, il y a beaucoup d'apparence qu'il acquiert la forcede voler, ou qu'il change de figure, comme le ver à ſoie, le ver des Pal-miſtes,& d'autres Inſectes. Ceſt ſans doute alors qu'il jette ſa ſemence,& qu'il ſe reproduit avant ſa mort; car on le trouve toujours de la memegroffeur: au lieu que sil conſervoit toujours la même figure, ceux qui au-roient plus dune année devroient être plus gros que ceux qu'on trouve deuxfois par an, àrpeu-preès dans le tems de la maturité des fruits,& qui fontextrémement petits, parce qu'ils ne font que de nattre.
Cer Infecte multiplie prodigieuſement. On en trouve une prodigieuſequantité, malgré ce que les Poules, les Fourmis& les Vers, qui le recher-chent avidement, en conſomment dans les deux ſaiſons. II paroĩt éton-nant, au Père Labat, qu’après cette explication, quelqu'un puiſſe demeu-rer dans le doute ſur la nature de la Cochenille. Les Raquettes peuventetre aiſément multipliées. II n'eſt queſtion que d'enterrer à moitié une deleurs feuilles, pour lui faire prendre racine,& pour la faire produire beau-coup en peu de tems. On en tireroit, ſuivant ſes idées, un avantage ex-treme pour la nourriture des Cochenilles, qui ſeroient le fond d'un trèsriche Commerce,& qui donneroient lieu d'employer, dans nos Colonies,quantité de terres inutiles, c'eſt- à·dire trop uſées& trop maigres pour pro-duire des Cannes de ſucre, du Tabac, de Indigo, du Roucou, du Manioc,& d'autres Marchandiſfes. D'ailleurs le fruit des Raquettes a quantité devertus, dont il fait une longue énumération(7).
UN arbre des plus particuliers à la Nouvelle Eſpagne,& qu'on ne voit
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(7) Voyages du Pêere Labat, édition de 1742, Tome 4, Chep. 4.