ou DE LA NouVELLE EsSsPACNE, Lrv. II. 633
telées, ſes fleurs pales, mais jauniſſant un peu vers les bords. Le goHt,comme J'odeur de ſa réſine, tire ſur celui de l'aneth.
Unv autre réſine, blanche& fort odorante, que les Médecins Indiensemploient beaucoup pour la dyſſenterie, ſe nomme Quaubeit ali; ou dumoins ils donnent ce nom à la liqueur laiteuſe qu'elle forme, auſſi-têt qu'onla jette dans eau. Elle arréte le ſfang, de quelque partie du corps qu'ilpuiſſe couler; mais on doit ſe garder d'en prendre trop(q). L'arbre quila donne,& qui ſe nomme Quaubcopaltic- xixio, a le tronc uni, tendre,qui ſe ſepare de lui-même en ecaille. II a les feuilles du Baſilic,& lefruit de Oxy-acanthe, mais plus gros, verd en naiſſant,& tournant bien-töt vers le rouge.
L Hutzochit! des Mexiquains, que les Indiens de Panuco nomment Chute,& les Eſpagnols Baume, parcequ'il donne une liqueur fort ſemblable auBaume de Syrie,& qu'il ne lui cede, ni par l'odeur, ni par les autres qua-lités, eſt un arbre de la grandeur de l'Oranger, avec les feuilles de Aman-dier, mais plus grandes& plus aigües. II ern.„ à Pextrêémité de ſes bran-ches, des fleurs jaunes, à feuilles longues& étroites, qui contiennent uneſorte de ſemence brune. Dans toutes les ſfaiſons, mais ſur-tout à la findes pluies, cet arbre donne par inciſion une liqueur vantée, d'un jaunenoirâtre, d'un gont acre& amer,& d'une odeur forte, mais extrsmementagréable. On la tire auſſi, en coupant les plus tendres branches& les fai-ſant bouillir dans l'’eau en piéces fort menues. II en ſort bientêt une ſub-ſtance huileuſe, qu'on recueille à meſure qu'elle ſurnage; mais ce Baumeeſt moins eſtimé que lautre. On tire aufſi, des ſemences de l'arbre, unehuile de la plus agréable odeur, qui reſſemble aſſez à l'huile d'olive,& quia preſque les mêmes vertus que le Baume. 1jLIE Quanticonex, arbre médiocrement haut, mais d'un tronc épais, dur& odorant, a les feuilles larges, la fleur petite& blanche, le fruit ſembla-ble aux bayes du Laurier. On coupe ſon écorce en piêéces; on la maceredans l'eau pendant quatre jours, on Pexpoſe enſuite au Soleil;& lorfqu'ellecommence à s'échauffer, on en tire ſous le preſſoir une huile balſamique,utile à divers beſoins.
ON ne parle point d'une véritable eſpèce de laque, qui eſt en abondanceau Mexique,& qui vient d'un arbre nommé Tzinacau Cuitla huabuitl; ni duſang de Dragon, dont'arbre n'eſt pas plus rare,& ſe nomme Ezquabuitl.
Lrs Provinces méridionales produiſent en abondance une ſorte de Cedres,auxquels les Eſpagnols donnent du moins ce nom, quoiqu' il reſſemble peuà ceux du Mont Liban. Labat eſt perſuadé que c'eſt le même arbre qu'onappelle Acafou(r) dans les Iles du Vent. Les feuilles en ſont petiteslongues& ctroites, à-peu-pres comme celles du Péêcher. Elles crofffent
ar bouquets. Leur couleur eſt un verd pale. Elles ſont minces, ſouples,Firees vers la pointe;& lorſqu'on les froiſſe dans la main, elles rendent uneliqueur onctueuſe, d'une odeur aromatique. L'écorce de l'arbre eſt épaiſſe,rude, tailladée, griſe, aſſez adhérente. On prétend qu'il eſt màle& fe-melle,
(q) La doſe eſt le poids d'une obole. FAcajou à fruit, dont on parlera dans un
(r) II ne faut pas le confondre avec autre lieu.
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Dzschryrron
DE LA Nou-
vELLE Espa-GNK.
Eſpèce deCedres.