DEscklPTIoNDoE LA Noo-vELLE EsPAGNE.
Quammo-chitl, ou Boisde ſang.
Le Cuhura-qua.
Le Puntzu-meti.
Acuitze-huarita.
Le Tlala-matl, ouyHerbe deJean-'Infant.
636 DESCRIPTION DU MEXIDUE,
Lg Bois de ſang, que les Mexiquains nomment Quammochitl, ſe trouve enabondance dans la Province de Nicaragua ſur la Mer du Sud,& ſur la Merdu Nord à la même hauteur.
LE Cuburaqua eſt un arbuſte du Mechoacan, dont le tronc eſt épineux. Seracines, blanches& ſarmenteuſes, produiſent de petits rejettons, de cou-leur rougedâtre en dehors& tout-à-fait rouge en dedans, tortus,& qui ſecouvrent de petites feuilles fort veinées, de la figure d'un cœur. On endiſtingue deux autres eſpèces, dont lune ſe nomme Pinguiqua,& TautreJacua. Dé-ces trois arbuſtes, on tire une teinture d'un fort beau rouge.
LE Puntzumeti, que Ximenez croit pouvoir nommer Aſarum du Mechoa-can, eſt une Plante vantée, dont les feuilles reſſemblent beaucoup à cellesde la Vigne,& dont la tige, qui n'a pas plus d'une coudée de hauteur, eſtronde& unie. Ses fleurs produiſent de petites ſemences noires; elles ſontjaunes& compoſées de filets fort déliés, en forme de chevelure. Les raci-nes, qui ſont en grand nombre, reſſemblent à celles de Ellebore blanc.Ceſt la ſeule partie que la Médecine employe. Elles ſont d'un go0t acre.Elles jettent une petite odeur de muſc. On les croit chaudes& ſeches autroiſiéme degré. Leur poudre, au poids d'une dragme, priſe dans du vin,ou dans de eau de bugloſe ou de citron, adouecit les douleurs nephréti-ques, nettoye les reins, fortifie le ventricule dans les affections froides, fa-cilite la digéſtion, üte les crudités, excite les mois, diſſipe les vents,&joint, à toutes ces vertus, celle d'étre un puiſſant antidote contre toutesſortes de venins.
LEs Eſpagnols ont donné, dans leur Langue, le nom d' Ennemie des Venins,à la Plante qui ſe nomme Acuitze huarita dans le Mechoacan,& Chipabuatziz,ou Zozatazuam, dans d'autres Provinces. Ses feuilles ſont celles de Po-ſeille,& fortent de la racine. Ses tiges ne s'éléèvent que de deux ou troispouces,& portent au ſommet de petites fleurs d'un blanc rougeâtre, quiforment enfemble un bouquet rond. La racine eſt ronde aufſi, blancheen dedans,& d'un jaune doré en dehors. Ceſt elle qu'on employe,&dont on vante non-ſeulement l'agréable goꝑt, mais les qualités temperées,qui tirent un peu néanmoins ſur le froid& ehumide. Son ſuc, ou ſoneau, dans quelque quantité qu'on Pavalle, adoucit rardeur des fiévres, for-tifie le cœur; paſſe pour un excellent antidote,& pour un vulneraire en-core plus puiſfant, fur-tout ſi la racine pilée eſt appliquée en forme d'em-platre fur la bleſſure; ſoulage les douleurs des reins, tempère l'acrimonie depurine, excite lappetit, diſſipe les tumeurs du goſier,&, par des vertusdont la cauſe eſt ignorée, remédie preſqu' à tous les maux, de quelque ma-nière qu'on l'employe.
LE Tlalamatl, nommé par d'autres Tlacimatl, ou petite Cimat!& Turintita-quoram par les Mechoacans, mais que les Eſpagnols nomment Herbe de Jean-FInfam, parce que c'eſt à lui qu'ils en doivent la connoiſſance, a les feuil-les preſque rondes, diſpoſées trois à trois,& ſemblables à l'herbe que lesLatins appellent Nummulaire. Ses tiges ſont purpurines& rampantes; ſesfleurs, rouſſes, en forme d'épis; ſa ſemence petite& ronde; ſa racine lon-gue, mince& fibreuſe. Elle eſt froide, ſeche,& aſtringente. Elle gue-rit toutes ſortes de playes. On aſſure mêeme qu elle avance la maturité des
tu-