DascarmrroR
660 DESCRIPTION DU MEXID2DUE,
pleins,& d'une prodigieuſe grandeur. Elle a de groſſes levres,& les oreilles plus! longues, mais moins épaiſſes, que celles des Vaches communes;le cou épais& court; les jambes! plus courtes que celles de nos Vaches; laqueus aſſez longue,& peu garnie de poil; le corps entiérement couvertd'un gros poil, clair ſemé; la peau épaiſſe d'environ deux pouces. Sa chaireſt rouge,& ſa graiſſe blanche. Ceſt un aliment fort ſain,& de bon godt.On trouve de ces Animaux, qui peſent cinq& ſix cens livres. IIs ſe nour-riſſent d'une ſforte d'herbe, ou de mouſſe longue& déliée, qui croit enabondance ſur le bord des Riviéres. Lorfqu'ils ſont raſſaſiés, ils ſe cou-chent ordinairement dans les méêmes lieux;& le moindre bruit les réveil-fant, ils fe jettent dans eau, de quelque profondeur qu'elle ſoit, non poury nager, mais pour aller au fond, où ils marchent comme ſur un terreinfec. I's ſont alfez communs dans les Provinces d-Yucatan& de Honduras,juſqu'à la Rivière de Darien(p).
OurRE les Chevres communes, qui paroiſſent venues d Eſpagne, on entrouve une S.6, fort ſinguliere, que les Eſpagnols ont nommée Cornerasde terra,& dont quelques- uns rapportent Forigine à celles qui porte ent leméême nomi au Chili, d'où elles peuvent avoir été tranſportées. Waffer nouen donne la deſcription. Ces Bêtes ſont fort majeſtueuſes;& n’'ont 12moins de quatre piés& demi de haut. Elles s'apprivoiſent ſi facilement,que ſe laiffant brider, elles portent ſur le dos deux Hommes des plus ro-buſtes. Pendant que le Cavalier eſt deccös, leur pas eſt l'amble, ou le petitgalop. Leur muſeau refſemble à celui du Lievre; elles remuent même,comme lui, les deux levres en broutant: mais leur téte approche beaucoupde celle des Gazelles. Elles ſont armées de cornes torſes, qu'elles poſenttous les ans,& qui, n'étant d'aucun uſage, demeurent diſperſées dans leslieux qu'elles habitent. Leurs oreilles ſont celles de Ane. Elles ont lecou déelié, comme les Chameaux,& le portent droit comme les Cygnes;la poitrine large, comme le Cheval,& le dos à-peu-prêès ſemblable à ce-lui d'un beau Levrier. Leurs feſſes& leur queue ne reſſemblent pas malà celles du Daim. Elles ont le pieé fo urchu, comme la Brebis, avec un
peron en dedans, de la ees. du doigt, auſſi pointu que ceux de'Ai-gje. Ces ·6 dö;. rrons, qui ſont d'environ deux pouces au-deſſus de FendroitOù la corne du pié ſe diviſe, leur ſervent à grimper ſur les Rochers,& àſe tenir fermes dans toutes leurs bipn; Le poil, qu'elles ont ſous leventre, a douze ou quatorze pouces de long; mais elles ont fur le dos uneeſpèce 98 laine 88 courte, à demi friſée. Ce ſont des Animaux fort in-nocens, d'un grand uſage,& propres à toutes ſortes de fatigues. Leur
) Quelques- uns ont cru, ſur cette le m'a point les dents longues
deſcription, que eFeolt le Cheval marin:
mais Dampier,& d'autres Voyageurs, quiconnoiſſoient parfaitement ce dernier Ani- dentes, La Vache arcm 1 v trouve d di iſtẽ ſic encore moine 4 la V. che me nomal, y trouvent des différences eſſentielles encore moins à la Vache marine,dans la figure, ſur-tout dans la groſſeur, me Lamanti
tin ou Manatée,& qui eui Pemporte de plus de la moitié fur celle ne fur les Cotes de la Nouvelle Eſpagne e, 1 mais
de la Vache montagnarde; ſans compter que qui ne vient jamais à terre.
elle-ct n'approche jamais de la Mer,& qu’el-