comment elles se sont succédé dans leur apparition. II n’y a que les Placoïdes qui puissentrivaliser d’importance à cet égard avec l’ordre qui nous occupe spécialement ici. Mais abstrac-tion faite de cet intérêt spécial, qui se rattache à l’étude de l’histoire de la vie en général, lesGanoïdes fossiles sont si nombreux ; ils renferment des types si différens de ceux qui existent.maintenant, et nous offrent des combinaisons de caractères si inusitées parmi les poissonsvivans , que leur connaissance est en elle-même indispensable au zoologiste qui veut se fami-liariser avec toute la série des formes que peuvent affecter les poissons. D’un autre côté, lesgéologues apprécient tous les jours mieux l’importance d’une connaissance approfondie del’ensemble des fossiles qui sont ensevelis dans la série des terrains dont se compose l’écorcestratifiée de notre globe , et sous ce point de vue, les poissons fossiles de l’ordre des Ganoïdesoffrent d’autant plus d’intérêt, qu’on en a trouvé des débris dans toutes les formations géolo-giques fossilifères, depuis les plus anciennes jusqu’aux plus récentes. Mais il y a plus, cesdébris sont partout assez fréquens pour servir de guides sûrs dans l’appréciation de l’àgerelatif des terrains ; car, comme les espèces ne parcourent pas une série bien étendue decouches, et que les genres eux-mêmes se reproduisent au plus dans deux ou trois for-mations successives, tandis que toutes les espèces connues sont limitées successivement à uneseule formation, il en résulte que les espèces les plus répandues peuvent être envisagéescomme d’excellens caractères pour les formations et qu’elles déterminent même des horizonsgéologiques plus précis que la plupart des autres fossiles. À ce litre, les poissons fossiles engénéral et les Ganoïdes en particulier réclameront de plus en plus l’attention des géologues.
Déjà le nombre des cas où la comparaison des espèces de différentes localités a servi à pré-ciser l’âge géologique auquel «lies ont appartenu , s’est considérablement accrû, et je nedoute pas que lorsque les poissons fossiles des autres continens seront aussi bien connus queceux d’Europe , leur comparaison ne conduise aux résultats les plus importans. En attendant,je ne saurais trop recommander à ceux qui possèdent de ces précieux débris, de chercher àcompléter les descriptions des espèces dont je n’ai connu que des fragmens incomplets. Enrecueillant avec soin tous les fragmens de toutes les espèces, et même de celles dont on pos-sède des exemplaires entiers, on parviendra sans doute aussi à découvrir des parties de la char-pente intérieure, et à déterminer ainsi la forme des vertèbres, des côtes et des osselets in-terapophysaires qui portent les nageoires. L’examen comparatif de la plaque caudale qui porteia nageoire caudale, conduira vraisemblablement à la connaissance de diverses particularitésdistinctes dans plusieurs genres. Il ne serait pas moins intéressant de recueillir les os détachés