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Tome III.
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fossiles en question ait pu être si long-temps méconnue, et que ceux-ci * d’un autrecôté, aient pü être envisagés comme des rayons de poissons osseux-, et passer pourdes défenses semblables aux formidables épines de certains Balistes et de certainsSilures. En effet, quelle que soit la forme des rayons de nageoires des poissonsosseux, ils présentent toujours à leur base deux apophyses articulaires, par lesquellesils sont réunis aux osselets interapophysaires ou aux apophyses épineuses qui les por-tent. L’on distingue constamment aussi à leur base les deux branches dont ils secomposent chacun; tandis que les épines des poissons cartilagineux, bien que sym-métriques, sont toujours d’une seule pièce, et n’ont rien à leur base qui ressembleà une face articulaire ; au contraire, la partie inférieure de ces rayons, qui est cachéedans les chairs, est taillée en biseau et se termine en une pointe obtuse, qui n’estjamais articulée en ginglyme avec les os de la colonne vertébrale, mais dont la facepostérieure et inférieure présente une rainure plus ou moins profonde, qui se pro-longe souvent dans l’intérieur du rayon jusque vers son extrémité.

Par leur contexture, ces rayons diffèrent considérablement des autres parties dusquelette des poissons cartilagineux : ils sont réellement fibreux et osseux , commeles os des poissons ordinaires, et n’ont ni l’aspect granuleux du squelette des Squaleset des Raies, ni la mollesse et la flexibilité des rayons de leurs nageoires. Aussi,l’analyse chimique que M. Connell a faite des grands Ichthyodorulithes du calcaire deBurdie-House (v. Trans. oftheRoy. Soc. of Edinb. Tom. XIII.) qui lui ont offertla même composition que les os du Brochet (Esox Lucius ) loin d’infirmer, commeon pourrait le croire, l’analogie que j’ai établie entre ces fossiles et les épines despoissons cartilagineux vivans, me paraît en être réellement une confirmation. Ce-pendant, pour compléter cette démonstration il serait à désirer qu’un chimiste habilepubliât aussi l’analyse des rayons de quelque espèce vivante, analyse qui, je crois,n’a point encore été faite.

Les genres vivans de Placoïdes qui ont des rayons osseux à leurs nageoires, ne sontpas très-nombreux. Ce sont les Cestracion 3 CentrinaSpinax } Chiniœraj Trygon,Myhobates et Cephaloptera , sur les rayons desquels je vais donner quelques détails,afin de faire ressortir les rapports plus ou moins frappans qu’ils ont avec ceux que l’onne connaît que fossiles. Je ferai d’abord remarquer que les piquans des genres de lafamille des Raies ont ce caractère commun, qu’ils sont déprimés et plus ou moinsaplatis ; et que c’est à leurs bords extérieurs qu’ils sont dentelés. Telles sont les épinesdes Trygon ^ des Myliobates et des Cephaloptera. Dans ces genres, en outre, iln’y a d’épines que sur un point du dos, bien que dans quelques espèces on en observeplusieurs l’une sous l’autre. Comme on connaît plusieurs espèces fossiles de Trygon,très-bien conservées, et les dents et les rayons de plusieurs Myliobates qui ressem-