6i>
toire naturelle des Poissons; quant à la synonymie de ces os, chez les différons auteurs, elleest très-complète dans l’ouvrage de Cuvier, et j’y renvoie mes lecteurs, pour éviter ici touterépétition.
On ne saurait douter qu’en somme le même arrangement des os du crâne n’existe chez lespoissons et chez les autres vertébrés. Leurs frontaux sont bien réellement analogues aux fron-taux des reptiles, des oiseaux et des mammifères, alors même que ces os sont traversés de ca-naux muqueux chez les poissons ; ils en différent cependant en ceci, que toute leur base cartila-gineuse ne s’ossifie pas complètement. Pour comparer donc rigoureusement les os des pois-sons aux os des autres vertébrés, il faudrait comprendre dans ces rapprochemens la partiecartilagineuse des os aussi bien que les plaques durcies qui y adhèrent, puisque les massescartilagineuses constituent souvent la partie essentielle du squelette. On se ferait à mon gréune bien fausse idée de l’ostéologie des poissons si l’on voulait, comme Reichert, n’envisagerles plaques osseuses qui recouvrent le crâne, que comme des plaques écailleuses, par la raisonseule que ces plaques se détachent aisément de la capsule cartilagineuse du crâne. Pour ré-futer cette manière de voir, il suffit d’objecter l’existence d’écailles très-complètement dé-veloppées dans la peau qui recouvre toute la surface du crâne chez plusieurs poissons de cettemême famille des Perches, que Reichert cite à l’appui de son opinion. L’existence de ca-naux muqueux dans ces os n’est pas non plus une raison suffisante pour les envisager commedes écailles; car s’il en était ainsi, la tête des poissons ne compterait, pour ainsi dire, plusde véritables os et il faudrait même envisager la mâchoire inférieure comme étrangère àla charpente osseuse proprement dite, puisque cet os est aussi traversé de canaux muqueux.Je ne vois pas non plus l’avantage qu’il peut y avoir à donner des noms nouveaux aux fron-taux antérieurs et aux postérieurs et à les appeler processus orbitalis anterior et processus or-bitalis posterior ; car ce ne sont pas de simples apophyses, mais bien de véritables os distincts,quoiqu’ils correspondent en effet aux apophyses orbitales antérieures et postérieures de l’osfrontal.
Les ethmoïdes, les nasaux et le vonier me paraissent réellement correspondre aux os demême nom des vertébrés supérieurs ; seulement l’importance de ces pièces est bien diffé-rente dans les diverses classes de ces animaux. Les nasaux loin de contribuer à la for-mation et à la protection d’une cavité importante, ne sont encore chez les poissons qu’une
simple enveloppe solide autour d’un tube muqueux ; les ethmoïdes n’ont également pas en-core acquis l’importance qu’ils ont chez les vertébrés supérieurs, comme base solide dudéveloppement de la muqueuse du nez. En revanche, le vomer a, chez les poissons, uneimportance qu’il n’a plus chez les autres vertébrés. Les os du palais et les maxillaires su-périeurs de droite et de gauche ne se réunissent pas l’un à l’autre à la base du crâne,
comme c’est le cas chez les vertébrés supérieurs ; le vomer, au lieu d’être réduit au rôle desimple cloison entre les narines , forme une partie plus ou moins considérable de la voûte dupalais, se recouvre môme de dents et fonctionne comme mâchoire supérieure.
TOM.. V, 2 e PART.
9