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Tome premier.
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XIV
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XIV

D I S C O U R S

productive n’a pas un mouvement continu. Quoiqu’on puisseconsidérer le genre humain comme un individu toujourssubsistant, qui embrasse les siécles par la vie & Inintelligencede Fespecc, cet individu a des momens d’inertie ou desommeil. L'esprit humain est la somme des pensées de tousles hommes instruits ; c'est le génie ajouté au génie depuis lecommencement des choses : mais il a ses repos & ses stations;& comme fa marche inégale est interrompue, ce* font desindividus qui renouent le fil des travaux & des recherches ;ce font eux qui font renaître, ou précipitent le mouvement.Ces individus , à qui il est donné de conduire &: d'éleverFeíprit humain, font donc seuls les auteurs des progrès ; c esten eux seuls que cette faculté réside. Un homme a inventéune science, jusqucs-là Fhistoire de certe science n'est quela suite de ses pensées ; un autre homme saisit son idée, ilFaggrandit par ses méditations ; des hommes séparés par desíìecles, se transmettent la science, elle est mûrie, étendue,développée dans leurs têtes.

Hypparque paroi t être le premier qui ait vu Fastronomiedans son entier, qui ait conçu Fidée d'en faire une sciencerégulière ; il mentra ce qu'il falloit faire, il le commença.Ptolémée reprit son dessein , & Fexécuta dans toute sonétendue; il construisitFédifice, qui eut assez de solidité pourdurer quatorze siécles. Cet édifice fut admiré, respecté, maison isola pas y toucher; à peine le seul Albategnius y ajouta-i-il quelque chose. Copernic eut le courage de le détruire;il íè montra en législateur des esprits, qui vient changer les