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tables, & de leur gloire toujours coûteuse. La philosophie,qui doit parler dignement des sciences , imitera-t-clle sonexemple? Ne doit-elle pas oublier tout pour l'édifice qu'ellese propose de décrire, & nommer seulement les architectes,pour les dévouer à la reconnoissance ? Mais l’histoire dessciences différé de celle des empires ; l'histoire politiquemontre les ouvrages des hommes en corps de nation ; elleparle des intérêts de tous, elle embrasse les mœurs qui fontperfectionnées ou corrompues par la multitude. Cette his-toire est le résultat d'efforts infinis, d'intérêts balancés, demoyens combinés. Loríqu'un homme a fait une révolution,a changé la face d'un empire, si l'on veut peindre son entre-prise , il ne suffit pas de montrer fa pensée ; il faut, lorsqu'ilexécute, dévoiler les obstacles qui l'ont gêné, les forcesdont il s'est aidé. L'hiíloire n'eût rien fait pour notre ins-truction , en montrant l'hommc seul avec les évenemens; lamultitude qui est derrière lui, a des intérêts & des passionsdont le politique profite , mais qui font la source & lesmoyens des changemens.
* Les sciences, comme les évenemens, font les ouvragesdes hommes, maïs la multitude n'y a point de part; la mul-titude les ignore ou les regarde avec indifférence : ceux quiles cultivent font une classe isolée. Dans le monde politique,comme dans le monde physique, le mouvement ne cessejamais , les hommes y font toujours agiffans comme lanature ; l'é :at présent, en naissant du passé, enfante l'étatfutur : mais dans le monde savant, la classe éclairée &