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Tome premier.
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16 H I S T O .1 R E

représente la maniéré dont nous concevons l’infini ; ce n’estque par des augmentations répétées 8c des additions succes-sives. Ceífc parce qu’une nouvelle unité peut fans cesse êti^eajoutée à des sommes d’unités ; c'est pour terminer ces opéra-tions fans fin , 8c cette possibilité qui est toujours la même ,que l’homme borné dans ses facultés , 8c dont la foiblessedemande un terme où elle puisse le reposer, a imaginé dansle lointain de ses pensées cet infini qu’il ne peut atteindre niconcevoir. On n’a donc pu y arriver tout-à-coup. 11 a fallu desidées préliminaires 8c suivies d’idées plus grandes ; il a falluque des découvertes eussent fait des additions successives àì’étendue du monde. L’univers, en dissérens siécles, a paru dedifférentes grandeurs ; il s’est étendu par les travaux , par lesdécouvertes , comme la terre devient immense aux yeux duvoyageur ignorant qui abandonne ses foyers 8c son horizon.Enfin l’univers n’a atteint fa grandeur majestueuse 8c incompré-hensible, que loríque l’eíprit humain , lassé d’ajouter des espacesà des espaces , a nommé infini ce qui se relu soit à ses sens 8cà ses meíures Ce n est pas fans raison que l'on dit figurément lamarche de l’esprit humain ; il avance par des idées liées, commenous nous transportons par des pas enchaînés 8c suivis. L’infiniest le gousse où se perdent nos peníées : il n’est point naturel dese jeter dans des précipices ; si l’homme est delcendu dans cetabîme fans fond , il y fut entraîné par une pente.

Voyons maintenant quelles croient les connoissances dusiecle d'Aristarque, êe en calculant les forces naturelles, esti-mons le chemin qu’il a pu faire. Pythagore pensoit que lesoleil étoit leulement trois fois plus éloigné de nous que lalune. Aristarque , né pour aggrandir l’univers , sentit de larépugnance à admettre cette proposition absurde, il montrapar une méthode exacte que la distance du soleil surpassoit au