DE L’ASTR O NO M I E MODERNE. 27
moins dix huit fois celle de la lune, 6c il íe trouva plus à sonaise dans le monde dont il avoit reculé les bornes. Cette dis-tance encore très-petite, ne pouvoit conduire à l’idée de Tinfini.II a été nécessaire de déplacer plus d’une fois le soleil , de fefamiliariser successivement avec les distances énormes de cetastre lumineux Sc des planètes qui l’entourent, avant que lesesprits se proportionnassent aux idées qu’il falloit admettre ,avant que les conceptions fussent de mesure avec l’infini.Aristarque avoit lait un pas pour sortir de Terreur ; mais lavérité éroit li éloignée , qu’il restoit encore bien d u cheminpour Tatteindre. La vie, les forces d’un homme n’eussent passuffi pour le parcourir. C’est précisément parce qu’ila fait ungrand essore , c’est parce que la force est mesurée par cet effortmême, que nous sommes en droit de conclure qu’Aristarqueauroit laissé à de nouveaux efforts Sc à de nouvelles générations,Tavantage d’aller plus loin , s’il n’avoit pas trouvé dans lan-de n ne philosophie cette idée de la distance infinie des étoiles,idée qui dût le frapper par une analogie marquée avec sespropres idées. Il la recueillit par le même instinct qui le portaà faire des observations pour éloigner de nous le soleil. Maiss’il eût été seul avec son siecle , cet instinct , ou plutôt legénie lui eût manqué pour la lai tir. Elle étoit hors de la portéede la vue, comme les objets qui font fous Thorizon , Sc qu’onn’apperçoit qu’en montant fur une montagne ; si la montagneest escarpée Sc difficile, il faut d u courage, Sc fur-tout dutems pour v monter. D’ailleurs une considération délicate peutnous tournis une nouvelle preuve ; c’est qu’Aristarque, en rece-vant cette idée, Taccommoda aux idées greques. On voit quefi ce grand homme s’éleve par une opinion sublime, il tient àson siecle par Texpression. II parle de la fphere des étoiles ,parce qu’Eudoxe, suivant les pas timides de ses prédécesseurs,
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