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Tome premier.
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DE L’ASTR ON O MI E MODERNE. 4?

fa théorie fausse. Nous sommes aujourd’hui très-prévenus contreles épicycles, les déféréns, tk. contre tout cet attirail de cerclesdont les successeurs d’Apollonius ont, à son exemple, chargé'l’explication des mouvemens célestes. Mais si nous voulonsexaminer cette hypothèse fans prévention , avoir égard anpetit nombre de phénomènes observés , & mal observés, àl’ignorance des anciens fur les vrais principes de la physique ,à ce préjugé si profondément enraciné de l’uniformité des.mouvemens célestes dans une orbite circulaire, nous convien-drons que l’hypothèfe, qui fatisfaifoit à tous les phénomènesalors connus, étoit ingénieuse. On dira qu’elle n’étoit pointphysique j mais pouvoit-on alors apprécier ce qui étoit vraimentphysique. Nous-mêmes le pouvons-nous aujourd'hui? Queveut-on désigner par là , si ce ne font les effets qui découlentdes loix de la nature ? Or dans un rems où toutes ces loixétoient ignorées , n’étoit-il pas excusable de se tromper sur leseffets qu elles pou voient produire ? Quel que soit sauteur decette invention , ce fut un trait de génie de ramener le phé-*nomene , si bizarre en apparence, des stations & des rétrogra-dations à l’uniformité qu’on avoit admise pour principe.

§. XXX I.

On peut remarquer que sidée d’Eudoxe de donner à chaqueplanète autant de sphères solides qu’elle paroissoit avoir de.mouvemens diffèrens, est le germe de sidée des épicycles ; ellefut seulement appliquée avec plus de génie à la théorie des.planètes. Eudoxe avoit fait des cieux matériels , des sphèresentieres pour rendre raison d’un mouvement qui s’accomplitdans un cercle. L’elprit humain dégroísit son ouvrage; on nelaiila que ce cercle. On fit d’abord main basse sur tout lereste : bientôt on fit un pas de plus ; on sentit qu’il étoit: