4* HISTOIRE
Terreur la plus chère à toute Tantiquité , celle de Tuniformitéd u mouvement des astres. On a toujours senti, comme parune espece d instinct:, que la nature n’agit que par des voiessimples , 2c on entreyoyoit quelle devoir avoir un principeunique. Ce principe, selon les anciens, étoit le mouvement uni-forme dans une orbite circulaire. C’étoit une erreur, 'mais cetteerreur fut utile ; elle fit faire un pas vers la vérité, en portantà croire que ces phénomènes n’étoient qu’apparens. Pour sauverTuniformité , qui sembloit se démentir dans les stations êc lesrétrogradations des planètes, on imagina de faire tourner uni-formément la planète dans un petit cercle qu’on nomma épi-cycíe , tandis que le centre de ce cercle tournoit autour de laterre dans un plus grand cercle appelé le défèrent , parce qu’ilportoit Tépicycle. C’étoit la véritable orbite de la planète.On conçoit quê la planète, marchant dans son épicycle, vatantôt du même sens que le centre de 1 epicycle, tantôt dansun sens contraire , Lc selon les proportions allignées par Apol-lonius , il y a des cas où le mouvement résultant de cette com-binaison sera rétrograde , d’autres où il fera nul Sc la planètestationnaire {a).
§. XXX.
Voilà le premier théorème de géométrie dont nous ayonseu occasion de parler dans cet ouvrage. 11 nous fait douterqu Apollonius ait adopté Thypothèse philolaïque sur le mou-vement de la terre. Comment un géomètre ausii habile n’auroit-il pas vu que les stations 8c rétrogradations des cinq planètesnaiíîoient de leur mouvement propre & direct , combiné avecie mouvement de la terre ; ses épicycles devenoient inutiles 2c
(a ) Eclaircis. Liv. I, §. n.