DE L’ASTRONOMIE MODERNE. 53
a été plus circonscrit. La nature nous entoure de ses opéra-tions : tout est sans cesse en mouvement autour de nous, dessens trop délicats nous retirent trop souvent hors de nous-mêmes ; ils troublent la mémoire & le retour de nos pensées ;l’ame sensible est toujours en action , lame raisonnable n’arien à faire. Un homme, qui auroit à chaque instant des sen-sations , des idées nouvelles , seroit comme un avare qui aug-mente un trésor dont il ne jouit pas. II est donc un milieunécessaire entre des sens subtils qui fourniroient trop d’idées ,Le des sens obtus qui nen donneroient pas aílez. Les instru-mens ont cet avantage , que ce font des sens dont l’hommene se sert pas toujours ; il n’en use qu a son gré. II les inter-roge pour s’instruire , il les éloigne pour méditer fur leursrapports , pour combiner leurs produits. Alors réduit à ses sensnuds, l’homme, qui se retire en soi, est maître de contempleren paix ce qu’il possede : l’esprit observateur cesse, & la retraiteLc le silence produisent le génie.
§. III.
L’astronomie semble ne dépendre que de la vue : c'estle sens le plus étendu , le plus prolongé ; il nous transportepartout , & nous fait jouir du spectacle entier de l’univers..Mais st 1 homme navoit employé que ses yeux , la sciencen eût pas fait tous les progrès dont elle est susceptible. Envoyant les astres semés fur la voûte du ciel, nous recevons dessensations séparées , des idées inexactes de lieu , de grandeur& de distance. Nous n’avons qu’un guide sûr , c’est le tactle plus fidelle de nos sens ; il falloit donc atteindre les.astres , pour sassurer de leur position: il falloit les toucherpour les mesurer Sc les espacer. Cette entreprise de l’espcic