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Tome premier.
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54 HISTOIRE

humain est: d’une hardiesse qui étonne ! Elle eut un plein succès;il en réiulta un premier instrument , dont l’invention mérited’autant plus d’être développée , qu’elle est devenue fonda-mentale.

Lorsque nous voulons juger de la grandeur ou de la dis-tance , nous touchons les objets. On lait que li la vue parvientà nous en donner l’idée , c’est après qu’elle a été long - temsrectifiée dans l’enfance parle toucher. Nous allongeons le braspour saisir les objets ; mais lorsque les objets s’éloignent , lors-que la main ne peut les atteindre , lorsque nous ne pouvonsnous transporter nous-mêmes , il semble que nous ayons atteintles bornes de notre nature & de nos connoiísances. Les astresqui se peignent dans le fond de notre œil, ne laissent entr’euxque des intervalles serrés par l’éloignement, la vue les repré-sente aíìez petits , l’efprit conçoit qu’ils doivent être grands.Mais de combien font-ils grands effet ? Comment éclairerl’efprit , comment dans ces abîmes de l’efpace , le toucherrectifiera-t-il le sens de la vue ? On pensa qu’on pouvoit feservir du rayon visuel qui atteint l’astre le plus éloigné ; onimagina l’alidade , c’est-à-dire, une longue réglé de bois ou demétal , dirigé suivant le regard , Lc qui en fixe la direction.Le rayon visuel fe propageant toujours en ligne droite , estsemblable à une corde tendue de l’objet à l’œil. Les petitesinventions servent de degrés à de plus grandes, l’homme fonde,examine , touche avec un bâton les choses qu’il ne peut attein-dre ; Palidade n’est que ce bâton prolongé jufqu’au terme de laportée de la vue. En mirant à un astre , en conduisant, encouchant le rayon visuel le long de Palidade , en la touchantpour régler fa direction , on touche l’astre qui est à son extré-mité , Le on s’affure qu’il ne s’en écarte pas. Cet instrument íìsimple, cette réglé de bois est donc un moyen très-ingénieux ,