108 HISTOIRE
bizarre hypothèse, & assujettir toutes les étoiles à un mouve-ment général qui les entraîne , fans rien changer à leur situa-tion respective. Quoique nous taxions avec raison cette hypo-thèse de bizarrerie, nous croyons qu’on peut justifier Hypparquede savoir adoptée un moment ; il n’y a de bizarre en ce genreque ce qui n’est pas naturel. Mais dans tous les tems il estdifficile de juger autrement que par l’expérience , de ce quiappartient réellement à la nature. Quel étoit le plus extraor-dinaire d’imaginer la bande du zodiaque tourner autour deson axe, & les étoiles qui y font placées , se séparer des autrespar un mouvement progressif, ou de voir toutes les étoiles ,mues par un mouvement général, s’avancer, fans s’écarter lesunes des autres , avec autant Lc plus d’ordre qu u ne troupeexercée aux évolutions militaires ? Avant que les faits eussentdécidé , il faut convenir qu’Hypparque put être embarrasté dechoisir entre ces deux hypothèses la plus physique Lc la plusnaturelle.
§. XXVIII.
HyrrARQUE reconnut bientôt que le mouvement des étoilesle fait uniformément autour des pôles de l’écliptique : ellesconfervoient toujours la même distance à l’égard de ce cercle ;l’Epi de la Vierge en étoit éloigné de a G , comme au tems deTimocliaris ; il voyoit que toutes les déclinaisons avoientchangé , tandis que les latitudes etoient restées les mêmes. Iílupposa donc dans son traité de la grandeur de l'an née, quele mouvement des étoiles étoit tout entier, &. seulement enlongitude (a) ; mais cependant avec une forte de doute (b) ; caril ne pensoit pas que les observations de Timocharis fullènt
(d) Pcolcii). Almng. Lib, VII, cap.i.
{b) Ibidem , cap, y.